Val di Noto

Illustrazione Elena Prette

Dichiarazione di Eccezionale Valore Universale

Les villes du baroque tardif de la vallée de Noto comprennent des composants de huit villes situées dans le sud-est de la Sicile (Caltagirone, Militello Val di Catane, Catane, Modica, Noto, Palazzolo Acreide, Raguse et Scicli). Ces centres historiques et cadres urbains illustrent une grande réussite de reconstruction post-sismique dans les décennies qui suivirent le tremblement de terre désastreux ayant ravagé en 1693 des villes dans tout le sud-est de la Sicile. La reconstruction et la restauration de ces communautés conduisit à la création d’un ensemble exceptionnel de villes qui reflètent l’architecture du baroque tardif du XVIIe siècle, sous toutes ses formes et applications. Les huit composants du bien diffèrent par leur taille et représentent une série de réponses aux besoins de la reconstruction. Cela concerne les anciennes villes de Caltagirone, Noto et Raguse dans leur intégralité; des zones urbaines particulières de Catane et Scicli; et des monuments isolés dans les centres historiques des villes de Modica, Palazzolo Acreide et Militello Val di Catane. Catane fut reconstruite sur le site de la ville d’origine tandis que d’autres villes, comme Noto, furent rebâties sur de nouveaux sites. À Raguse et Palazzolo Acreide, de nouveaux centres urbains furent créés à proximité des anciens. Les centres de Scicli et Modica furent déplacés et reconstitués dans des zones attenantes déjà en partie urbanisées et Caltagirone fut simplement remise en état. Les villes offrent une multitude d’exemples de l’art et de l’architecture du baroque tardif, d’une grande qualité et d’une homogénéité remarquable, en conséquence des circonstances propres à l’époque, au lieu et au contexte social dans lesquelles ils ont vu le jour. Cependant, elles présentent aussi des innovations marquantes dans le domaine de l’urbanisme et de la reconstruction de villes. Le bien représente aussi l’important effort collectif consenti pour donner une réponse à cet évènement sismique catastrophique.

  • Valore UNESCO

    Les huit villes du sud-est de la Sicile (Catane, Militello Val di Catane, Caltagirone, Palazzolo Acreide, Raguse, Modica, Noto et Scicli) furent reconstruites après 1693, après avoir été détruites par un séisme dévastateur. Elles représentent une considérable initiative collective menée à terme à un haut niveau architectural et artistique. Considérées comme des trésors du baroque tardif, elles offrent des innovations marquantes dans la conception urbaine de la ville et dans les décors monumentaux.

    Les racines: des Romains aux Normands
    Des premiers témoignages d’ustensiles en os, en métal et surtout en céramique découverts sur les sites les plus anciens (Sant’Ippolito aux alentours de Caltagirone, Trefontane près de Paternò et Torricella dans les environs de Ramacca), on arrive à la fin du VIIIe s. av. J.-C., lorsque les Grecs commencèrent à coloniser la Sicile. Selon l’historien athénien Thucydide, la fondation de la ville de Catane eut lieu en 729 av. J.-C., tandis que son assujettissement aux Romains eut lieu à travers des formes de contrôle bureaucratiques (paiement de la dîme, un impôt versé par les agriculteurs), puis dans un second moment (21 av. J.-C.) la ville de Catane fut officiellement reconnue comme colonie romaine. À cette époque, la ville était le lieu où résidaient les riches patriciens aux demeures luxueuses, et tous les témoignages architecturaux et ornementaux montrent que ce fut une période florissante. Les byzantins dominèrent Catane à partir de 535 ap. J.-C., ceci jusqu’à l’arrivée des Arabes (875), qui à leur tour furent supplantés par les Normands à partir de 1060. Lorsque la dynastie normande des Hauteville s’éteignit, le règne de Sicile (institué en 1130) traversa plusieurs dominations successives, de la domination des Souabes jusqu’à Manfred, dernier roi souabe, puis passa aux dominations angevine, aragonaise, et espagnole.
    Le tremblement de terre de 1693
    Pendant le règne de Charles II d’Espagne, une partie de la Sicile fut rasée au sol par un tremblement de terre d’une intensité et de proportions catastrophiques, qui intéressa la faille maltaise-hybléenne. Le vieux bourg médiéval d’Occhiolà fut complètement détruit et jamais reconstruit; à Militello, seule une partie de l’église de S. Maria la Vetere a subsisté au séisme; à Caltagirone, seuls résistèrent quelques maisons et le pont de San Francesco; Noto fut entièrement détruite et reconstruite sur un autre site; quasi toutes les habitations de Palazzolo Acreide, Modica et Scicli s’écroulèrent; Catane fut déclarée détruite. Le tremblement de terre du 11 janvier 1693 atteignit une magnitude 7,4 sur l’échelle Richter et représente un des séismes les plus dévastateurs de l’histoire moderne de l’Italie. Il fut précédé par deux secousses de moindre intensité, puis suivi d’un enchaînement de plus de 1.000 répliques. Le vice-roi espagnol estima le nombre victimes autour du nombre considérable de 54.000 morts, à Catane plus de 60% de la population perdit la vie, 45 villages touchés, secousse qui se propagea jusqu’aux côtes de la Tunisie. Les zones intéressées subirent des phénomènes dramatiques sur le plan environnemental, avec des répercussions sur le système hydrogéologique: éboulements, disparition de pièces d’eau, fissures dans le sol d’où, dans certains cas, sortaient du sable et de l’eau sulfureuse, certaines sources d’eau eurent leur cours et leur débit modifiés, d’autres disparurent. Un juriste d’Occhiolà écrivit la chronique de ce moment douloureux qui frappait les habitants des zones touchées par le séisme: “Perdurò si fiero terremoto per lo spatio di un Miserere; onde que miseri scampati dagli offendenti sassi e cadute maramme, semivivi e dolenti, tante statue sembrando, privi di spirito, in piedi trattener non si potevano. Gli occhi alla luce aprirono, e vedendo non esserci pietra sopra pietra, si abbagliò dalle lacrime la vista, e dal fremore e timore si sentiva ognun l’anima esalare” (Mario Centorbi, Ragguaglio Lacrimevole). Les cultures classiques et espagnoles, qui se développèrent en Sicile, constituèrent d’importants points de repère dans ce panorama désolé qui suivit l’année 1693, mais qui était déjà prêt à se rétablir. Dans un climat d’initiative collective, la reconstruction s’alimenta d’une nouvelle conception de l’espace très précise, sous le signe d’une sécurité antisismique et de la valeur esthétique.
    Reconstruction et conservation d'un patrimoine artistique et architectural
    En 1693, la Sicile était encore officiellement sous la domination espagnole, mais de fait, le contrôle était exercé par des pouvoirs aristocratiques autochtones. Le programme de reconstruction fut lancé par le duc de Camastra avec la collaboration de l’ingénieur militaire Carlos de Grunembergh: à l’époque, le vice-roi d’Espagne avait l’habitude de passer six mois à Palerme et six mois à Catane, chaque ville possédait ainsi une cour où demeuraient les membres de l’aristocratie. Le schéma adopté pour Palerme et Catane fut également choisi pour les petits centres urbains, jusqu’aux résidences de campagne, par exemple de nouvelles façades baroques ornèrent les vieux châteaux. Les huit villes de la vallée de Noto, qui avaient de nombreux points en commun dès leur origine, car par exemple construites autour d’un château ou dérivant d’un noyau de fondation monastique, furent touchées à différents degrés par le séisme et connurent des parcours de reconstruction différents quoique homogènes, sous l’égide d’initiatives de travaux collectifs. À grandes lignes, la reconstruction prévoyait des rues larges et droites, flanquées de grandes places, aux décors élégants, et des éléments d’une valeur scénographique exubérante avec un sens chromatique typiquement baroque. Les villes et les zones reconstruites se présentaient comme un théâtre idéal pour de grandes processions et des cortèges triomphaux. De nombreux architectes qui avaient étudié à Rome se mirent au travail et surent allier architecture savante et tradition artisanale locale, en réalisant des projets sophistiqués aux caractéristiques précises, à savoir les traits distinctifs connus aujourd’hui comme le baroque sicilien. Les façades riches et précieuses de Caltagirone, les remparts de Militello, fidèlement reconstruits tels qu’ils étaient avant le séisme, le plan urbain géométrique et unitaire de Catane, entièrement reconstruite sur ses ruines, Modica avec ses monuments imposants et ses deux centres urbains (dont un qui fut déplacé après le séisme), le plan urbain et le projet architectural de la ville “idéale” de Noto, reconstruite sur le nouveau site du col “Meti” et qui se fondent dans un baroque merveilleux et spectaculaire, le nouveau centre citadin (une sorte de “ville nouvelle”) construit à Palazzolo Acreide après 1693, Raguse avec ses palais et ses églises baroques et ses deux centres urbains, dont un nouvellement bâti après le séisme, et enfin Scicli et son merveilleux palais Beneventano aux fantastiques décorations: ce sont les éléments qui caractérisent le baroque tardif sicilien de la vallée de Noto, un complexe de bâtiments qui dans leur totalité, affrontèrent glorieusement la reconstruction avec un grand enthousiasme, et qui représentent aujourd’hui les grandes valeurs artistique, esthétique et architecturale d’une époque.
    Per saperne di più
    Monuments insérés dans la reconnaissance

    La piazza del Duomo de Catane prit forme en époque normande et devint le centre de la ville, décentré par rapport à l’acropole grecque qui se dressait plus à l’ouest et qui avait le nom de “platea magna”. Après le développement élégant des palais et des édifices nobiliaires et religieux à l’époque aragonaise, la place fut complètement rasée au sol en 1693 et reconstruite l’année suivante. Selon le projet du duc de Camastra, qui guida et organisa les travaux de reconstruction, la place assuma pleinement les caractères du baroque tout en exprimant une grande liberté de composition. Parmi les éléments qui appartiennent au caractère baroque de la ville, il faut citer: la cathédrale, réalisée par Palazzotto et Giovanni Battista Vaccarini (1702-1768), abbé et architecte sicilien; la Via dei Crociferi, principale rue de Catane, le Palazzo Municipale ou Palazzo degli Elefanti (1732); l’église San Benedetto, à la façade en pierre calcaire qui émane un haut pouvoir suggestif en raison d’imposants éléments décoratifs; l’église Badia di Sant’Agata (1735) réalisée par Giovanni Battista Vaccarini (1702-1768) à plan elliptique et aux décorations raffinées alternant des modules concaves et convexes qui en font un exemple exceptionnel d’architecture en mouvement; la Collegiata (“chapelle royale” de 1396, dédiée à la Madonna dell’Elemosina) qui représente splendidement le classicisme italien inspiré du baroque romain; le monastère bénédictin ou monastère de San Nicolò l’Arena, qui par de ses dimensions est considéré le second complexe monumental de son genre en Europe. À Militello, l’église San Nicolò, reconstruite elle aussi après le séisme, dont subsiste du vieil édifice le somptueux maître-autel; l’église Santa Maria della Stella qui se dresse sur la place du même nom et bâtie entre 1722 et 1741, présente une façade élégante, richement et harmonieusement décorée de spectaculaires corniches et chapiteaux. Ce temple abrite le trésor du sanctuaire marial, trésor de Santa Maria della Stella, constitué d’une riche collection de bijoux ex-voto. Caltagirone fut reconstruite grâce à des travaux réalisés par les plus importants architectes siciliens: Rosario Gagliardi, Giuseppe Venanzio Marvuglia, Francesco Battaglia et Natale Bonaiuto. L’église San Francesco d’Assisi, annexée au couvent et qui date du XIIIe s., fut reconstruite après le séisme et de l’édifice originaire subsiste une chapelle aux voûtes en croisée d’ogives. L’église Santa Chiara, réalisée par Rosario Gagliardi entre 1743 et 1748, présente un plan polygonal, une façade curviligne et un superbe pavement intérieur en maïolique. L’intérieur de l’église San Salvatore, à plan octogonal, abrite une Madonna d’Antonello Gagini (sculpteur local de la Renaissance); Face à cette église, se dresse l’église San Domenico, qui est aujourd’hui un auditorium musical. L’église Santa Maria del Monte est située dans la partie haute de la ville. Ancienne cathédrale, il semble qu’elle avait une origine normande, avant d’être reconstruite une première fois en 1542, puis de nouveau après le séisme. L’église fut bâtie après 1693 sur le projet de Francesco Battaglia. Consacrée au patron de la ville, l’église San Giacomo fut érigée en 1090 par la volonté du comte Roger et fut reconstruite après le séisme: à l’intérieur on peut y admirer d’élégants portails en pierre et en bronze. Outre les églises, il faut citer d’autres monuments qui représentent le savoir-faire des architectes, des artistes et des artisans locaux: la Corte Capitanale, le Museo Civico, le Monte delle Prestanze et le Pont San Francesco. À Palazzolo Acreide, l’église San Sebastiano qui présente une façade majestueuse, et dont les travaux de reconstruction se terminèrent autour de 1782, fut bâtie après le séisme par l’architecte syracusain Mario Diamante. L’église San Paolo fut reconstruite grâce à des donations et sa merveilleuse façade baroque (dont l’auteur n’a pas été déterminé) fut achevée à la fin du XVIIIe s. Raguse, dont l’ancien nom était Ibla, est construite au sommet d’un col donnant sur trois gorges profondes. Elle est composée elle aussi de deux centres urbains, un reconstruit sur l’ancien tracé médiéval, et l’autre, la ville haute actuelle, nouvellement construite après 1693. Elle compte dix églises magnifiques et sept palais exceptionnels, tous baroques. L’église San Giorgio de Modica, située dans la partie haute de la ville, a été déclarée cathédrale, tout comme l’église San Pietro dans la ville basse. Dans l’église de San Pietro, une chapelle latérale dédiée à l’Immaculée Conception, a résisté au séisme de 1693. San Giorgio, résultat final des travaux de reconstruction du XVIIe et du XVIIIe s., a toutes les caractéristiques pour être considérée comme un symbole parfait du baroque sicilien. La critique a établi un lien entre l’église San Giorgio de Modica, la cathédrale de Dresde et l’architecture de cette région allemande. Pendant l’époque arabe (IX- XIe s. ap. J.-C.), Noto avait la fonction de ‘capovallo’, c’est-à-dire de centre administratif, d’où son nom de Vallo ou Val di Noto; le Vallo, en arabe waal ou wali, était un district administratif car les Arabes avait été divisé la Sicile en trois circonscriptions: le Val di Noto qui couvrait la Sicile méridionale, le Val Demone qui comprenait la partie nord-orientale de l’île, et le Val di Mazara qui englobait les zones centrales et occidentales. En 1091, Noto fut perdue par les Arabes et passa dans les mains de Roger de Hauteville, en étant ainsi la dernière ville à tomber dans les mains des Normands: après des dizaines d’années de guerre, l’île devint entièrement normande. Noto est également appelée “le jardin de pierre” en raison de son extraordinaire concentration de décorations baroques qui caractérisent les édifices urbains aux innombrables volutes, colonnes torses et frises de pierre rosée. La cathédrale de Noto, ou cathédrale San Nicolò, est un véritable joyau du baroque sicilien en raison de sa façade de style classique qui se dresse devant un grand et splendide escalier. Palazzo Nicolaci di Villadorata exprime d’une manière incomparable l’essence de l’esprit baroque avec une série de figures fantastiques représentant des chevaux ailés, hippogriffes, sirènes, sphinx, masques et des amours qui ornent les balcons. Le Palazzo Beneventano de Scicli est un exemple splendide du baroque sicilien, tandis que l’église San Michele Arcangelo, à plan trapézoïdal, est une expression typique du XVIIIe s. Sont également inscrits dans le site UNESCO, l’église San Giovanni Evangelista (plan elliptique et décorations intérieures du XIXe s.) et l’église Santa Teresa, qui représente admirablement l’architecture ecclésiastique du baroque tardif.

    San Giorgio de Modica: exemple parfait du baroque sicilien
    L’église San Giorgio est considérée comme l’architecture la plus imposante et la plus significative, non seulement de Modica, mais de toute la Sicile sud-orientale. Selon la légende, son fondateur fut Roger de Hauteville, condottiere normand (XIIe s.), dont l’armature est encore conservée et exposée à l’intérieur de l’édifice, sur le portail principal. L’édifice religieux présente un intérêt remarquable, tant pour sa splendeur que pour sa position par rapport au plan urbain: en effet, il se trouve au centre de la ville, entouré d’escaliers et de ruelles tortueuses, et de grands espaces disposés sur des niveaux irréguliers. Après d’importants travaux en 1643, le tremblement de terre de 1693 rendit nécessaire de reconstruire de nombreuses structures fortement endommagées. L’église San Giorgio abrite de précieux tableaux, mais sa façade est l’élément qui l’a rendue particulièrement célèbre et intéressante. Les travaux de reconstruction démarrèrent, selon les spécialistes, aux alentours de 1761, et sont unanimement attribués à Rosario Gagliardi, quoique la présentation des projets commença dès 1716, avec un rôle important joué par l’architecte Paolo Labisi. Il s’agit d’une façade sophistiquée et richement décorée, donnant sur une place qui au XVIIIe s. présentait sans doute des jardins, des potagers et des terrasses. Les études sur le baroque mettent à la lumière un lien extraordinairement intéressant entre ce qui se produisit dans la  Sicile sud-orientale et ce qui s’est passé, sur la même ligne stylistique et architecturale, en Allemagne, en Bavière et en Autriche: des bâtiments qui témoignent tous d’un goût commun pour l’exubérance des lignes courbes et sinueuses, ainsi que pour les motifs riches et polycentriques sous le signe de la théâtralité, décidément en contraste avec le rationalisme qui inspira le style néoclassique.
    Après 1693: les modalités de reconstruction dans la Sicile orientale après le séisme

    La ricostruzione degli insediamenti abitativi impegnò il governo centrale e le amministrazioni locali per molti anni. L’analisi di questo lungo e complesso processo di ricostruzione ha dimostrato che gli interventi si attuarono secondo modalità diverse da caso a caso raggruppabili in tre situazioni tipiche: città ricostruite in siti diversi dagli originari; città ricostruite ex novo sul vecchio sito, cambiando lo schema planimetrico; città ricostruite rispettando l’andamento viario originario. I cambiamenti di sito furono complessivamente pochi perchè richiedevano l’assenso della popolazione e il parere favorevole del vicerè. Questo tipo di soluzione fu adottata per Noto, Avola, Occhiolà (l’attuale Grammichele), Giarratana, Sortino, Biscari (Acate), Monterosso, Fenicia Moncata (Belpasso); a questi va aggiunto lo sdoppiamento di Ragusa, con la creazione di un nuovo abitato. Oltre ai veri e proprio cambiamenti di sito vanno segnalati alcuni ‘slittamenti’, cioè quegli insediamenti che abbandonarono picchi o declivi e furono ricostruiti sui pianori o nelle vallate adiacenti come Scicli, Buscemi, Ferla. Gli altri centri vennero ricostruiti in situ. La maggior parte delle città, come Siracusa e Caltagirone, furono riscotruite seguendo la piante originaria. […] In altri, come si vedrà per Catania, venne tracciata una nuova pianta urbana, tenendo conto di ciò che rimaneva delle antiche strutture della città e delle nuove esigenze”.

    Enzo Boschi, Emanuela Guidoboni, Catania terremoti e lave. Dal mondo antico alla fine del Novecento, Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia – SGA Storia Geofisica Ambiente, Compositori, 2001, Bologna, p. 126

    La “scalazza” de Caltagirone
    L’escalier Santa Maria del Monte fut réalisé en 1606 sur la base du projet de l’architecte Giovanni Giacalone, en unissant tel un trait d’union, la partie ‘haute’ de la ville, siège symbolique du pouvoir religieux, à la partie ‘basse’, où se trouvait le siège du pouvoir civil. L’escalier offre un dénivelé de 50 mètres, et à partir de la place de l’église, offre une vue spectaculaire. Au cours des années, il a subi plusieurs modifications, et en 1954 les contremarches furent revêtues de maïoliques polychromes et de lave noire selon des styles et des dessins qui rappellent les origines sicules, arabes, normandes et espagnoles. Les 24 et 25 juillet, lors de la Fête de San Giacomo, l’escalier est orné de cylindres en papier coloré, les fameux coppi, qui contiennent des milliers de bougies et créent un splendide effet d’illumination très scénographique.
    La fontana dell'Elefante de Catane
    L’éléphant en pierre de lave, qui trône au centre de la piazza del Duomo, est considéré le symbole de la ville. L’histoire de ce monument est curieuse et pleine de détails rocambolesques, et elle est à moitié enveloppée de légendes remontant aux temps anciens. Ce qui est sûr, c’est que l’architecte Giovanni Battista Vaccarini trouva la statue en lave de l’éléphant dans le palais municipal et le plaça, ensemble à d’autres vestiges de l’Antiquité, au centre du projet d’une fontaine monumentale qui s’inspirait de la Minerve romaine du Bernini. Avant ce travail, la statue de l’éléphant était originairement un symbole païen. Surnommé encore aujourd’hui populairement “Liotru” ou “Diotru”, l’éléphant était le symbole d’Eliodoro, (personnage entouré de légendes et évoqué traditionnellement pour ses pouvoirs magiques), à la fin du VIIIe s. c’était un des derniers représentants de la culture païenne destinée à disparaître. Le caractère semi-magique d’Eliodoro, qui la nuit chevauchait le pachyderme lavique, entra en désaccord avec un évêque chrétien (Leone dit le Taumathurge) et Eliodoro fut ainsi condamné à mort. Seule resta la prétendue monture du mage Eliodoro, qui fut longtemps oublié jusqu’à la construction du portail de Liodoro ou Liòduro, ceci jusqu’à sa découverte et réutilisation par la volonté de Vaccarini.
    Protagonisti
    Giuseppe Lanza

    Giuseppe Lanza, duc de Camastra (Palerme, 1630 env. – 1708) il fut un valeureux et énergique défenseur du pouvoir sicilien face aux pressions des Français. De capitaine de justice à Palerme en 1672, il fut promu sergent général et juge de première instance à Palerme en 1679. Lorsque le séisme frappa la Sicile orientale le 11 janvier 1693 et détruisit Catane et de nombreux villages, il fut nommé vicaire général par Francisco Pachedo duc d’Uzenda, vice-roi espagnol, pour le Val di Noto et le Val Demone, avec des pouvoirs pratiquement absolus. Il démontra encore une fois de posséder d’excellentes compétences organisationnelles, et planifia rationnellement les travaux pour aider les zones touchées par le désastre naturel: des opérations de secours aux survivants au déblaiement des décombres et au retrait des cadavres (qui représentaient un facteur de risque important pour la santé publique), de l’approvisionnement en vivres à l’application de mesures économiques spéciales pour faciliter l’économie des zones frappées par le séisme. Il réalisa avec clairvoyance le plan de reconstruction, d’une part en gérant les travaux pour la construction de baraques provisoires, d’autre part en collaborant activement avec les deux conseils spéciaux, institués par le vice-roi espagnol, l’un civil pour élaborer les projets de reconstruction des villes royales et baronniales, et l’autre religieux pour les édifices sacrés comme les églises et les monastères.

    Rosario Gagliardi

    Rosario Gagliardi (Syracuse, 1698 – Noto, 1762)

    Ce fut un architecte très représentatif du baroque sicilien. Il fut un des plus illustres artisans de la grande reconstruction de la vallée de Noto après le séisme de 1693, et un des partisans du grand plan de reconstruction, dont les travaux connurent la participation de la collectivité d’une manière unie et chorale, sous la direction de personnages politiques, de maîtres artisans, d’architectes et de bienfaiteurs en tous genres. S’intéressant soit au baroque romain qu’au baroque autrichien, il travaillât avec maestria à Noto, Modica et Raguse.

    Giovanni Battista Vaccarini

    Giovanni Battista Vaccarini (Palerme 1702 – Milazzo 1769), après avoir étudié à Rome, il s’établit à Catane à partir de 1730 pour diriger les travaux, en particulier pour s’occuper de l’insertion des édifices dans le cadre urbain. On lui doit la façade de la cathédrale, la fontana dell’Elefante, le Siculorum Gymnasium (Corte de l’université), le chef-d’œuvre d’architecture religieuse de la Badia di Sant’Agata et l’église San Giuliano. On lui doit, entre autres, le Palazzo Valle, la Corte del Collegio Cutelli et plusieurs demeures patriciennes. La caractéristique distinctive de Vaccarini, comme le principal trait distinctif de toutes les villes du baroque tardif de la Sicile sud-orientale, fut une alliance parfaite entre style classique et tradition locale.

    Testimonianze d’autore
    Testimonianze

    «Tutti dovettero avere una grande superbia, un grande orgoglio, un alto senso si sé, di sé come individui e di sé come comunità, se subito dopo il terremoto vollero e seppero ricostruire miracolosamente quelle città, con quelle topografie, con quelle architetture barocche: scenografiche, ardite, abbaglianti concretizzazioni di sogni, realizzazioni di fantastiche utopie. Sembrano nei loro incredibili movimenti, nelle loro aeree, apparenti fragilità, una suprema provocazione, una sfida ad ogni futuro sommovimento della terra, ad ogni ulteriore terremoto; e sembrano insieme, le facciate di quelle chiese, di quei conventi, di quei palazzi pubblici e privati, nei loro movimenti, nel loro ondeggiare e traballare “a guisa di mare”, nel loro gonfiarsi e vibrare come vele al vento, la rappresentazione, la pietrificazione, l’immagine, apotropaica o scaramantica, del terremoto stesso: la distruzione volta in costruzione, la paura in coraggio, l’oscuro in luce, l’orrore in bellezza, l’irrazionale in fantasia creatrice, l’anarchia incontrollabile della natura nella leibniziana, illuministica anarchia creatrice; il caos in logos, infine. Che è sempre il cammino della civiltà e della storia».

    Vincenzo Consolo, Anarchia equilibrata in V. Consolo, G. Leone, Il Barocco in Sicilia. La rinascita del Val di Noto, Bompiani, 1991

     

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Vallée de Noto et… les résidences piémontaises des Savoie”]

    Le site piémontais permet de comparer les canons du baroque, au temps des Savoie, réalisés par Filippo Juvarra, architecte génial, et par Benedetto Alfieri, aux canons du baroque tardif sicilien. Dans les deux cas, on retrouve la représentation illusoire de l’espace, la théâtralité scénographique, le caractère expressif à travers la dynamique des ombres et lumières, le dynamisme vivace, le spectacle de la nature et le triomphalisme des formes.[/expand] [learn_more caption=”Vallée de Noto et… le centre historique de Naples”]
    La capitale parthénopéenne est fortement caractérisée par une architecture réalisée selon les modules du baroque tardif, ceci à l’initiative de la noblesse citadine et d’artistes tels que Domenico Vaccaro et Ferdinando Sanfelice.[/expand] [learn_more caption=”Vallée de Noto et… Syracuse et la nécropole rupestre de Pantalica”] Dans le paysage urbain de Syracuse, ville à l’empreinte historique et culturelle profondément syncrétique, on trouve des éléments communs se rapportant aux villes de la vallée de Noto: le lien avec la Méditerranée, les origines classiques, la présence caractéristique de l’esthétisme baroque, les matériaux locaux hybléens utilisés pour construire les biens monumentaux.[/expand]

    Note bibliografiche
    Bibliografia

    V. Consolo, G. Leone, Il barocco in Sicilia : la rinascita del Val di Noto , Milano, Bompiani, 1991

    L. Trigilia, Il terremoto del 1693 e la ricostruzione, in Storia della Sicilia, vol. X, Editalia/Poligrafico e Zecca dello Stato, Roma 1999

    G. Sgarzini, Il Barocco del Val di Noto, Libreria dello Stato, Istituto poligrafico e Zecca dello Stato, 2005

    S. Piazza, Le città tardobarocche del Val di Noto nella World Heritage List dell’UNESCO / saggi introduttivi Mariella Muti et al., Palermo, Edibook Giada, 2008

    Catania e provincia. Le città barocche, il mar Ionio l’Etna e le aree naturalistiche, Touring Club Italiano, Azienda Provinciale Turismo Catania, 2000

    L. Trigilia, La valle del barocco, città siciliane del Val di Noto “patrimonio dell’umanità”, Sanfilippo Editore, Palermo 2002

    L. Trigilia, Un viaggio nella Valle del Barocco, Pantalica, Siracusa e le città del Val di Noto “patrimonio dell’umanità”, Introduzione di M. Fagiolo, Palermo 2007, Domenico Sanfilippo Editore

    E. Boschi, E. Guidoboni, Catania terremoti e lave. Dal mondo antico alla fine del Novecento, Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia – SGA Storia Geofisica Ambiente, Compositori, 2001, Bologna

  • Valore UNESCO

    Les huit villes du sud-est de la Sicile (Catane, Militello Val di Catane, Caltagirone, Palazzolo Acreide, Raguse, Modica, Noto et Scicli) furent reconstruites après 1693, après avoir été détruites par un séisme dévastateur. Elles représentent une considérable initiative collective menée à terme à un haut niveau architectural et artistique. Considérées comme des trésors du baroque tardif, elles offrent des innovations marquantes dans la conception urbaine de la ville et dans les décors monumentaux.

    Les racines: des Romains aux Normands
    Des premiers témoignages d’ustensiles en os, en métal et surtout en céramique découverts sur les sites les plus anciens (Sant’Ippolito aux alentours de Caltagirone, Trefontane près de Paternò et Torricella dans les environs de Ramacca), on arrive à la fin du VIIIe s. av. J.-C., lorsque les Grecs commencèrent à coloniser la Sicile. Au IIIe s. av. J.-C. les Romains conquirent la Sicile et en firent une provincia romaine, en démarrant ainsi une longue période de domination qui arriva jusqu’au VIe s. ap. J.-C. lorsque peu à peu les Byzantins commencèrent à occuper l’île. Aux Byzantins succédèrent d’abord les Arabes (IXe s. ap. J.-C.), puis les Normands à partir de 1060. Lorsque la dynastie normande des Hauteville s’éteignit, le règne de Sicile (institué en 1130) traversa plusieurs dominations successives, de la domination des Souabes jusqu’à Manfred, dernier roi souabe, puis passa aux dominations angevine, aragonaise, et espagnole.
    Le tremblement de terre de 1693

    Pendant le règne de Charles II d’Espagne, une partie de la Sicile fut rasée au sol par un tremblement de terre catastrophique. Le tremblement de terre du 11 janvier 1693 atteignit une magnitude 7,4 sur l’échelle Richter et représente un des séismes les plus dévastateurs de l’histoire moderne de l’Italie. Le vice-roi espagnol estima le nombre victimes autour du nombre considérable de 54.000 morts (à Catane plus de 60% de la population perdit la vie), et 45 villages touchés. Les zones frappées subirent des phénomènes dramatiques sur le plan environnemental, avec des répercussions sur le système hydrogéologique: éboulements, disparition de pièces d’eau, fissures dans le sol d’où, dans certains cas, sortaient du sable et de l’eau sulfureuse, certaines sources d’eau eurent leur cours et leur débit modifiés, d’autres disparurent. Après ce désastre, dans un climat d’action collective, la reconstruction des villes détruites fut réalisée en suivant des programmes rationnels qui s’inspiraient de modèles artistiques très précis.

    Reconstruction et conservation d'un patrimoine artistique et architectural

    En 1693, la Sicile était encore officiellement sous la domination espagnole, mais de fait, le contrôle était exercé par des pouvoirs aristocratiques autochtones. Le programme de reconstruction fut mis en œuvre par le duc de Camastra qui y fut chargé par le vice-roi d’Espagne. Les huit villes de la vallée de Noto, qui avaient de nombreux points en commun dès leur origine, car construites autour d’un château ou dérivant d’un noyau de fondation monastique, furent touchées à différents degrés par le séisme et connurent différents parcours de reconstruction, quoique homogènes, dans le cadre d’une initiative civile collective. À grandes lignes, la reconstruction prévoyait des rues larges et droites, flanquées de grandes places, aux décors élégants, avec des éléments exubérants et scénographiques typiquement baroques. De nombreux architectes ayant étudié à Rome se mirent au travail et surent allier architecture savante, tradition artisanale et matériaux locaux. Les façades riches et précieuses de Caltagirone; les remparts de Militello, fidèlement reconstruits tels qu’ils étaient avant le séisme; le plan urbain géométrique et unitaire de Catane entièrement reconstruite sur ses ruines; Modica avec ses monuments imposants et ses deux centres urbains (dont un qui fut déplacé après le séisme); le plan urbain et le projet architectural de la ville de Noto qui se fondent dans un baroque merveilleux et spectaculaire; le nouveau centre citadin (une sorte de “ville nouvelle”) construit à Palazzolo Acreide après 1693; Raguse avec ses palais et ses églises baroques et ses deux centres urbains, dont un nouvellement bâti après le séisme, et enfin Scicli et son merveilleux palais Beneventano aux fantastiques décorations: ce sont les éléments qui caractérisent le baroque tardif sicilien de la vallée de Noto, un complexe de bâtiments qui dans leur totalité, affrontèrent glorieusement la reconstruction avec un grand enthousiasme, et qui représentent aujourd’hui les grandes valeurs artistique, esthétique et architecturale d’une époque.

    Per saperne di più
    Monuments insérés dans la reconnaissance

    Découvrons brièvement chacune des huit villes du site inscrit au patrimoine mondial. Catane. La piazza del Duomo de Catane prit forme en époque normande et devint le centre de la ville, décentré par rapport à l’acropole grecque qui se dressait plus à l’ouest. Après le développement élégant des palais et des édifices nobiliaires, la place fut complètement rasée au sol en 1693 et reconstruite l’année suivante. Selon le projet du duc de Camastra, qui guida et organisa les travaux de reconstruction, la place assuma les caractères du baroque, et elle est aujourd’hui considérée la reine de ce style architectural. À Militello, l’église Santa Maria della Stella se dresse sur la place du même nom et elle a été bâtie entre 1722 et 1741. Ce temple abrite le trésor du sanctuaire marial (trésor de Santa Maria della Stella), constitué d’une riche collection de bijoux ex-voto. Caltagirone fut reconstruite grâce à des travaux réalisés par les plus importants architectes siciliens: Rosario Gagliardi, Giuseppe Venanzio Marvuglia, Francesco Battaglia et Natale Bonaiuto. Citons l’église Santa Maria del Monte qui se trouve dans la partie haute de la ville ; ancienne cathédrale, il semble qu’elle avait une origine normande, avant d’être reconstruite une première fois en 1542, puis de nouveau après le séisme. De l’église part un célèbre escalier qui descend jusqu’à la Piazza del Municipio et qui relie la vieille ville à la nouvelle. À Palazzolo Acreide, l’église San Sebastiano qui présente une façade majestueuse, et dont les travaux de reconstruction se terminèrent autour de 1782, fut bâtie après le séisme par l’architecte syracusain Mario Diamante. L’église San Paolo fut reconstruite grâce à des donations et sa merveilleuse façade baroque (dont l’auteur n’a pas été déterminé) fut achevée à la fin du XVIIIe s. Raguse, dont l’ancien nom était Ibla, est construite au sommet d’un col donnant sur trois gorges profondes. Elle est composée elle aussi de deux centres urbains, un reconstruit sur l’ancien tracé médiéval, et l’autre, la ville haute actuelle, nouvellement construite après 1693. Elle compte dix églises magnifiques et sept palais exceptionnels, tous baroques. L’église San Giorgio de Modica, résultat final des travaux de reconstruction du XVIIe et du XVIIIe s., a toutes les caractéristiques pour être considérée comme le symbole du baroque sicilien. La critique a établi un lien entre l’église San Giorgio de Modica, la cathédrale de Dresde et l’architecture de cette région allemande. Pendant l’époque arabe (IX- XI s. ap. J.-C.) Noto avait la fonction de  ‘capovallo’, c’est-à-dire de centre administratif, d’où son nom de Vallo ou Val di Noto. En 1091, Noto fut perdue par les Arabes et passa dans les mains de Roger de Hauteville, en étant ainsi la dernière ville à tomber dans les mains des Normands: après des dizaines d’années de guerre, l’île devint entièrement normande. Noto est également appelée “le jardin de pierre” en raison de son extraordinaire concentration de décorations baroques qui caractérisent les édifices urbains aux innombrables volutes, colonnes torses et frises de pierre rosée. La cathédrale de Noto, ou cathédrale San Nicolò, est un véritable joyau du baroque sicilien en raison de sa façade de style classique qui se dresse devant un grand et splendide escalier. Palazzo Nicolaci di Villadorata exprime d’une manière incomparable l’essence de l’esprit baroque avec une série de figures fantastiques représentant des chevaux ailés, hippogriffes, sirènes, sphinx, masques et des amours qui ornent les balcons. Le Palazzo Beneventano de Scicli est un exemple splendide du baroque sicilien, tandis que l’église San Michele Arcangelo, à plan trapézoïdal, est une expression typique du XVIIIe s.

    ‘Le Val’ ou ‘la Vallée’ de Noto?
    Noto avait la fonction de  ‘capovallo’, c’est-à-dire de centre administratif, d’où son nom de Vallo ou Val di Noto. Le Vallo, en arabe waal ou wali, était un district administratif car les Arabes avait été divisé la Sicile en trois circonscriptions: le Val di Noto qui couvrait la Sicile méridionale, le Val Demone qui comprenait la partie nord-orientale de l’île et le Val di Mazara qui englobait les zones centrales et occidentales.
    La “scalazza” de Caltagirone
    L’escalier Santa Maria del Monte fut réalisé en 1606 sur la base du projet de l’architecte Giovanni Giacalone, en unissant, tel un trait d’union, la partie ‘haute’ de la ville, siège symbolique du pouvoir religieux, à la partie ‘basse’, où se trouvait le siège du pouvoir civil. L’escalier offre un dénivelé de 50 mètres, et à partir de la place de l’église, offre une vue spectaculaire. Au cours des années, il a subi plusieurs modifications, et en 1954 les 142 contremarches furent revêtues de maïoliques polychromes et de lave noire, selon des styles et des dessins qui rappellent les origines sicules, arabes, normandes et espagnoles. Tous les 24 et 25 juillet, lors de la Fête de San Giacomo, l’escalier est orné de cylindres en papier coloré, les fameux coppi, qui contiennent des milliers de bougies et créent un splendide effet d’illumination très scénographique.
    La fontana dell'Elefante de Catane
    L’éléphant en pierre de lave, qui trône au centre de la Piazza del Duomo, est considéré le symbole de la ville. L’histoire de ce monument est curieuse et pleine de détails rocambolesques, et elle est à moitié enveloppée de légendes remontant aux temps anciens. Ce qui est sûr, c’est que l’architecte Giovanni Battista Vaccarini trouva la statue en lave de l’éléphant dans le palais municipal et le plaça, ensemble à d’autres vestiges de l’Antiquité, au centre du projet d’une fontaine monumentale qui s’inspirait de la Minerve romaine du Bernini. Avant ce travail, la statue de l’éléphant était originairement un symbole païen. Surnommé encore aujourd’hui populairement “Liotru” ou “Diotru”, l’éléphant était le symbole d’Eliodoro, (personnage entouré de légendes et évoqué traditionnellement pour ses pouvoirs magiques), à la fin du VIIIe s. c’était un des derniers représentants de la culture païenne destinée à disparaître.
    Protagonisti
    Giuseppe Lanza

    Giuseppe Lanza, duc de Camastra (Palerme, 1630 env. – 1708) fut un valeureux et énergique défenseur du pouvoir sicilien. Lorsque le séisme frappa la Sicile orientale le 11 janvier 1693 et détruisit Catane et de nombreux villages, il fut nommé vicaire général pour le Val di Noto et le Val Demone, avec des pouvoirs pratiquement absolus. Il démontra de posséder d’excellentes compétences organisationnelles, et planifia les travaux pour aider les zones touchées par le désastre naturel : des opérations de secours aux survivants au retrait des décombres et des cadavres, de l’approvisionnement en vivres à l’application de mesures économiques spéciales pour faciliter l’économie des zones frappées par le séisme.

    Rosario Gagliardi

    Rosario Gagliardi (Syracuse, 1698 – Noto, 1762)

    Ce fut un architecte très représentatif du baroque sicilien. Il fut un des plus illustres artisans de la grande reconstruction de la vallée de Noto après le séisme de 1693 et un des partisans du grand plan de reconstruction.

    Giovanni Battista Vaccarini

    Giovanni Battista Vaccarini (Palerme 1702 – Milazzo 1769), après avoir étudié à Rome, il s’établit à Catane à partir de 1730 pour diriger les travaux, en particulier pour s’occuper de l’insertion des édifices dans le cadre urbain. On lui doit la façade de la cathédrale, la fontana dell’Elefante, le Siculorum Gymnasium (Corte de l’université), le chef-d’œuvre d’architecture religieuse de la Badia di Sant’Agata et l’église San Giuliano. On lui doit, entre autres, le Palazzo Valle, la Corte del Collegio Cutelli et plusieurs demeures patriciennes. Le trait distinctif de Vaccarini fut une alliance parfaite entre style classique et tradition locale.

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Vallée de Noto et… les résidences piémontaises des Savoie”]

    Le site piémontais permet de comparer les canons du baroque, au temps des Savoie, réalisés par Filippo Juvarra, architecte génial, et par Benedetto Alfieri, aux canons du baroque tardif sicilien. Dans les deux cas, on retrouve la représentation illusoire de l’espace, la théâtralité scénographique, le caractère expressif à travers la dynamique des ombres et lumières, le dynamisme vivace, le spectacle de la nature et le triomphalisme des formes.[/expand] [learn_more caption=”Vallée de Noto et… le centre historique de Naples”]
    La capitale parthénopéenne est fortement caractérisée par une architecture réalisée selon les modules du baroque tardif, ceci à l’initiative de la noblesse citadine et d’artistes tels que Domenico Vaccaro et Ferdinando Sanfelice.[/expand] [learn_more caption=”Vallée de Noto et… Syracuse et la nécropole rupestre de Pantalica”] Dans le paysage urbain de Syracuse, ville à l’empreinte historique et culturelle profondément syncrétique, on trouve des éléments communs se rapportant aux villes de la vallée de Noto: le lien avec la Méditerranée, les origines classiques, la présence caractéristique de l’esthétisme baroque, les matériaux locaux hybléens utilisés pour construire les biens monumentaux.[/expand]

    Glossario
    Glossario

    Dynastie n.f., ce terme indique une succession de souverains au pouvoir dans un royaume ou dans un État déterminé. Plus généralement, le mot comprend l’ensemble des membres d’une famille importante, de par leur titre nobiliaire, richesse économique, œuvre artistique. Synonyme de souche ou de lignage.

    Magnitude n.f. (du latin magnitudo, ‘grandeur’, ‘force’), c’est l’ordre de grandeur pour estimer la quantité d’énergie générée par un séisme. Terme introduit en 1935 par Francis Richter, sismologue, qui élabora ce système de calcul – auquel fut donné le nom Échelle de Richter.

    Vice-roi n.m., personne à laquelle le roi délègue, à son nom et pour son compte, le pouvoir de gouverner; le vice-roi exerce ses pouvoirs sur un territoire qui, tout en faisant partie du royaume, est géographiquement situé hors des limites du royaume.

    Hydrogéologique adj., comme indiqué par les deux racines qui forment ce mot: [ud], ‘eau’ et [ge], ‘terre’, cet adjectif indique le rapport entre l’eau et la terre. Le système hydrogéologique d’un territoire est le résultat de la mutuelle influence entre le cours et les pièces d’eau et la morphologie du sol.

    Autochtones  n.m. d’autochtone: local, qui est natif d’un lieu; dit également indigène, originaire.

    Homogènes adj. m. d’homogène: de même type; quand un ensemble d’éléments montre des caractéristiques communes et uniformes.

    Baroques adj. et n.m. de baroque: mouvement artistique qui s’est développé après la Renaissance, aux XVIe, XVIIe et XVIIIe s. Ses caractéristiques sont la richesse d’expression, la fantaisie, la théâtralité, la vivacité, le bizarre, le goût pour le décor.

    Collectif, se réfère aux caractéristiques communes à plusieurs choses ou personnes.

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Iscrizione UNESCO

2002, Budapest, Hongrie, 26e session du Comité

Site culturel

Époque moderne, Contemporaine

Italie du Sud, Région de Sicilie, Provinces de Catane, Raguse et Syracuse

Criteri di Iscrizione

Critère (i): Les villes du baroque tardif de la vallée de Noto dans le sud-est de la Sicile offrent un témoignage exceptionnel du génie exubérant de l’art et de l’architecture du baroque tardif.

Critère (ii): Les villes du baroque tardif de la vallée de Noto représentent l’apogée et l’épanouissement final de l’art baroque en Europe.

Critère (iv): La qualité exceptionnelle de l’art et de l’architecture du baroque tardif de la vallée de Noto réside dans son homogénéité géographique et chronologique et est le résultat du tremblement de terre de 1693 dans cette région.

Critère (v): Les huit villes du baroque tardif de la vallée de Noto dans le sud-est de la Sicile sont caractéristiques des modèles de création urbaine de cette région et sont placées sous la menace constante des risques de tremblements de terre et des éruptions de l’Etna.

[learn_more caption=”Intégrité”]

Le bien comprend tous les attributs nécessaires pour exprimer sa valeur universelle, dans la mesure où il comprend les centres les plus représentatifs de la période du baroque tardif dans le Val di Noto. Les huit composants du bien reflètent la gamme de réalisations architecturales et urbanistiques post-sismiques résultant de la reconstruction menée dans le Val di Noto après le tremblement de terre de 1693. Ce tremblement de terre a créé une opportunité qui est à l’origine d’un immense renouveau artistique, architectural et antisismique des villes. Les centres ont conservé leur fonction résidentielle, avec des habitants formant une société pleine d’allant.[/expand] [learn_more caption=”Authenticité”]

Les huit composants du bien continuent de montrer, avec leur homogénéité remarquable, l’art baroque tardif et le style architectural du sud-est de la Sicile dans des bâtiments individuels et dans l’urbanisme. En particulier, les plans des villes quasiment préservés intégralement, qui n’ont connu que quelques modifications, expriment une gamme de réactions face aux destructions causées par le tremblement de terre. Bien que le bien réponde aux exigences en matière d’authenticité, il a encore subi d’autres effets de l’activité sismique, ainsi qu’une dégradation à long terme, et beaucoup de grands bâtiments et de complexes monumentaux nécessitent des interventions majeures en matière de restauration, de consolidation et d’entretien.[/expand] Estensione del bene

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