Illustrazione Elena Prette
La bande littorale d’Amalfi est d’une grande beauté naturelle. Elle a été intensivement peuplée depuis le début du Moyen Âge. Elle comporte un certain nombre de villes telles qu’Amalfi et Ravello qui abritent des œuvres architecturales et artistiques particulièrement remarquables. Ses zones rurales témoignent de la faculté d’adaptation de ses habitants qui ont su tirer parti de la diversité du terrain pour le cultiver, depuis les vignobles et les vergers en terrasses sur les pentes basses, jusqu’aux grands pâturages des hautes terres.
- Valore UNESCO
La Côte Amalfitaine est un exceptionnel paysage culturel où la Nature et l’Homme ont agi en harmonie depuis toujours en réalisant un scenario caractérisé par une grande valeur culturelle, artistique, architectonique et du paysage. Avec un contexte naturel défini par la topographie théâtrale et grâce à un processus historique et évolutif vieux de plusieurs siècles, la Côte Amalfitaine est devenue un trésor de la Méditerranée qu’il faut conserver sous tous ses aspects.
Le passé glorieux de la République Maritime d’Amalfi
Des pièces archéologiques, qui remontent au Paléolithique et au Mésolithique, ont été trouvées à Positano et elles témoignent la présence humaine bien avant l’Âge Classique, quand les familles nobles établirent dans ces lieux leurs résidences de loisir, afin de bénéficier des bois pour la chasse ou des richesses agricoles. La ville de Amalfi fut fondée pendant le Haut Moyen Âge (IV siècle) et le premier témoignage de cette ville fortifiée remonte au 596 apr. J.-C. Elle fut revendiquée par Byzance, par les Lombards de Bénévent et par le Duché de Naples et cette ville se développa remarquablement jusqu’à devenir une autonome République Maritime en 839 apr. J.-C., sous le gouvernement du Doge. Elle connut une période florissante entre le IXe et le XIe siècle, en correspondance du déclin de la suprématie de Byzance pour le contrôle des mers. La République contrôlait la Mer Tyrrhénienne et son territoire allait de la ville de Vietri sul Mare jusqu’à l’île de Capri; elle monopolisait le commerce du bois, du fer, des armes, du vin et des fruits et elle gérait des importants contacts avec l’Orient, où elle achetait les épices, les essences parfumées, les bijoux et les tissus précieux qui, ensuite, étaient vendus en Occident.Le paysage de la Côte Amalfitaine: homme, environnement, hommes et cultures
La Côte Amalfitaine comprend 11.231 hectares de territoire et 15 communes de la province de Salerne et elle symbolise le mariage historique entre les ressources du territoire et de la mer, une tradition fondée sur l’échange, sur les liens avec l’Orient. Une autre interaction essentielle se base sur le rapport entre l’homme et l’environnement, témoigné par des fortifications entre terre et mer, tout au long de la côte: les tours d’observation étaient nécessaires, pendant le IX siècle, afin de se défendre des corsaires turcs, au temps de la République Maritime. L’extraordinaire contexte naturel qui a accueilli l’homme est caractérisé par des bastions de pierres calcaires et des vallées très étroites et profondes. Les villes de la Côte Amalfitaine ressemblent à des petites perles, et elles représentent le défi de l’homme qui désire s’établir de façon harmonieuse dans le territoire, tout en jouant avec l’imagination et l’habilité. Le paysage urbain de la Côte montre un mélange de styles architectoniques, des fois fragmentés: Byzantin, Roman, Baroque, Rococo et Néoclassique. L’harmonie et la symbiose caractérisant le mélange des styles, donnent au paysage de la Côte Amalfitaine un aspect artistique multiforme et varié. À trois kilomètres de distance de Salerne, il y a Vietri sul Mare, qui marque le départ de la route panoramique qui traverse aussi Amalfi et Sorrente. Dans le centre ville (Xe siècle), on peut admirer l’église dédiée à Saint Jean-Baptiste. Cette ville est une station balnéaire connue et appréciée mais elle est aussi très populaire pour ses céramiques qui, selon la tradition, remontent au Moyen Âge. Amalfi témoigne les liens avec les cultures et le pays de l’Orient qui ont caractérisés cette même période. Les résidences et les différents éléments architectoniques se développent dans des petits espaces, grimpent dans les collines, communiquent grâce à des escaliers raides et à des passages très étroits: tout cela nous rappelle les caractéristiques des souks du monde arabe, des centres (dédiés au commerce) des villes musulmanes. L’art et l’architecture siculo-arabes et le Baroque ont joués un rôle crucial dans la ville d’Amalfi. Un intérêt particulier est évoqué par le Dôme dédié à l’apôtre André, construit pendant le IXe siècle avec un style baroque et caractérisé par son fameux escalier de 57 marches. La ville d’Atrani, représentée plusieurs fois par Escher («Côte Amalfitaine», lithographie de 1931), s’est développée auprès de l’embouchure du fleuve Dragone, de la paroi rocheuse et elle fait face à la mer. Atrani est née au cours du Moyen Âge à partir des bourgs tout autour des églises de S. Maddalena, S. Salvatore, S. Michele, Chiesa del Carmine, S. Rosalia et S. Maria del Bando et elle a une sorte d’amphithéâtre naturel, formé par la place et le rideau des édifices. Le paysage vertical de Positano offre un panorama exceptionnel caractérisé par les maisons et les petites ruelles; dans le passé, cette ville était un bourg maritime et, aujourd’hui, elle garde son charme superbe et son ambiance unique grâce à la position enfermée entre les montagnes et la mer. La ville de Ravello est caractérisée par sa position privilégiée qui offre une vue panoramique sur le Gulfe, entre la Vallée du Dragone et du Reginna. La cathédrale de Ravello, fondée en 1087 et restaurée en 1931, a une porte divisée en 54 carrés représentant les saints, les histoires de la Passion du Christ et les lions. D’autres bâtiments intéressants et avec une grande valeur historique et artistique sont le Palazzo Rufolo (construit entre 1270 et 1280 par la famille du même nom), l’église de la Santissima Annunziata (juste derrière le Palais Rufolo), le Palazzo Confalone avec sa cour du XIII siècle. En outre, à travers un long escalier et un sentier on peut rejoindre Villa Cimbrone. À l’origine, il s’agissait d’une maison de paysans de la famille Fusco mais, ensuite, l’anglais Lord Grimthorpe l’acheta et il la réhabilita, après quinze ans, grâce au travail des ouvriers: Villa Cimbrone est devenue un lieu où se mêlent les éléments anciens et modernes, de la statue de Mercure du belvédère à la grotte d’Eve, de la crypte d’imitation médiévale à la tour décorée selon le style de Villa Rufolo.
Le voyage vers la Côte Amalfitaine entre culte, nature, art et littérature
La Côte Amalfitaine est formée par quatre zones côtières principales (Amalfi, Atrani, Maiori et Minori) et par quatre zones côtières secondaires (Positano, Praiano, Certaria et Erchie) qui, toutes ensembles, composent un paysage émouvant, grâce aux vallées remarquables et aux villages de montagne tels que Scala, Tramonti, Ravello, Conca et Furore, qui ont été choisis par plusieurs artistes en quête d’un enrichissement esthétique. Même quand l’âge d’or termina et quand le rôle des «voiles courtoises de la République» fut substitué par le symbole religieux des reliques de Saint André (amenées à Amalfi en 1208, après la conquête de Constantinople), le voyage garda le caractère spécifique de la Côte Amalfitaine: le pèlerinage, au-delà du phénomène religieux, représentait un grand mouvement de gens qui, pendant le Moyen Âge et dans une société immobile, permettait de trouver des nouvelles opportunités et d’aller au-delà des limites physiques et sociaux, moraux et parfois économiques. À l’origine, lieu d’échanges commerciaux et culturels, destination de pèlerinage, port et moderne étape du bildungsreise – le voyage de formation, tels que Goethe l’a défini – la Côte Amalfitaine a su mettre en valeur son patrimoine naturel déjà à partir du XVIIIe siècle: pendant la période du Romantisme, de la solitude et de la recherche du soi en contact privilégié avec la nature, la côte d’Amalfi acquit un nouveau rôle dans l’imaginaire collectif. La nouvelle approche culturelle valorisa les paysages sauvages, le littoral rocheux et parsemé de petits villages: voilà le nouveau paysage idéal de la Côte Amalfitaine.Per saperne di più
L’histoire rugissante d’Amalfi et des Amalfitains
Cette ville qui, à cause des faibles ressources territoriales mais grâce aux activités des habitants, détenait le contrôle des trafics maritimes de la Mer Tyrrhénienne, fut capable de rivaliser avec la riche et puissante ville de Naples au point de pousser Sicardo, Duc Lombard de Bénévent, à piller et conquérir Amalfi en 836 apr. J.-C. Néanmoins, les Amalfitains ont été capables de se révolter et de conspirer contre le Duc pour obtenir l’indépendance de la ville. À partir de 839 jusqu’à la fin du XIe siècle, grâce aux astucieux choix politiques, Amalfi représenta une véritable puissance. Dès 958, Amalfi eut ses propres lois, ses magistrats et sa propre monnaie et elle fut gouvernée par un Doge (comme Venise) qui, formellement, était élu par les empereurs d’Orient mais qui, en réalité, gérait la ville en totale autonomie et liberté. La République garda sa richesse et sa puissance grâce aux contacts avec les autres Pays de la Méditerranée: Constantinople, Lattaquié, Haïfa, Beyrouth, Baghdâd, Tripoli, Tunis, Cipre, Alexandrie d’Egypte et même avec l’Inde.La Côte submergée
Avec ses 50 kilomètres de littoral, la Côte Amalfitaine offre des innombrables occasions pour les amoureux des plongées sous-marines où ils peuvent admirer l’écosystème marin de la Méditerranée avec des grottes et des criques, des formations coralliennes et des prairies de Posidonie océanique (Posidonie océanique) sur les fonds marins sablonneux. La Posidonie est une espèce végétale endémique de la Méditerranée à haute valeur biologique qu’on pourrait définir comme le «poumon vert» de la Méditerranée; de plus, cette espèce végétale stabilise les fonds marins et elle protège une grande variété de poissons, mollusques et crustacés.Les Tables Amalfitaines
Les Tables Amalfitaines font partie des premiers codes maritimes, nés de l’expérience de la République d’Amalfi (XIe siècle). Il s’agit d’un recueil de lois – un code – qui réglait les rapports entre les compagnies d’armement, les propriétaires des navires, les membres de l’équipage et les marchands et qui, donc, établissait les aspects commerciaux et comportementaux en matière de navigation. Ce code s’est ensuite diffusé dans toute la zone de la Méditerranée et il a continué à être utilisé jusqu’à l’époque moderne.La magie des sorcières de la mer
La Côte Amalfitaine est un lieu riche de mythes et légendes, ancrés dans l’Antiquité. Notamment, une légende est encore aujourd’hui très populaire et elle dérive des cultes païens liés aux divinités féminines, tels qu’Isis ou Diane. Elle affirme que, dans ces lieux, les janare (des femmes sorcières aux pouvoirs magiques et connaisseuses des mystères des herbes) se rencontrent et soustraient les bateaux aux pêcheurs pour se déplacer.Amalfi, une ville symbole d’ouverture et d’échange même pendant les guerres
Alors que les forces papales, pendant les Croisades, s’engageaient dans la lutte contre les Sarrasins, la République Maritime Amalfitaine s’adonnait aux valeurs du commerce et du libre voyage, mue par un esprit interculturel incroyablement moderne: Amalfi gardait des relations optimales avec les peuples «infidèles». En 877, Pape Jean VIII demanda aux flottes amalfitaines un plus fort engagement pour la défense des côtes des États Pontificaux contre les Sarrasins, moyennant 10.000 mancusi par an. Toutefois, après le premier payement, Amalfi et les Amalfitains ne respectèrent pas cet engagement et ils continuèrent à entretenir des relations pacifiques et basées sur le commerce et l’échange avec les Sarrasins. En conséquence, Jean VIII excommunia toute la ville.L’invention de la boussole
Selon la tradition, la boussole fut inventée par un Amalfitain, M. Flavio Gioia (même si Positano désire s’approprier de la popularité de cette invention). Le blason de la ville est composé par le symbole de cet instrument, mais l’histoire de la boussole est bien plus complexe: on pense qu’elle fut inventée par les Chinois et, ensuite, amenée à Amalfi grâce aux Arabes et aux rapports commerciaux entre les deux peuples. On peut donc affirmer que la boussole parut en Europe par le biais des Amalfitains même s’ils ne l’ont pas vraiment inventé.Protagonisti
Maurits C. Escher
Maurits C. Escher (Leeuwarden, 17 juin 1898 – Laren, 27 mars 1972)
Artiste néerlandais, connu pour ses gravures et ses lithographies. Il est populaire pour sa recherche de la représentation des structures de l’espace et il visita la Côte Amalfitaine en 1931 et en 1934, pendant un voyage en Italie, qu’il commença en 1923 et termina en 1935, à travers plusieurs régions tels que Latium, les Abruzzes, la Campanie, les Pouilles et la Sicile. La Côte Amalfitaine offrit à Escher et à son inspiration un éventail de scénographies naturelles. L’esprit d’Escher envers l’art fut revitalisé par le panorama amalfitain qui exprimait l’harmonie et l’élan créatif; l’artiste concevait la nature comme une projection de l’esprit, avec une tension constante et avec différents niveaux de profondeur et de «hauteur»; il trouva une expression surprenante de son imaginaire: la même structure complexe et multi niveaux de son organisation de l’espace se reflétait dans les éléments naturels et anthropiques de la Côte Amalfitaine.
Testimonianze d’autore
Testimonianze
► “Positano tocca l’animo in profondità. È un posto di sogno che non è mai del tutto reale finché ci stai e che diventa animatamente vivo quando te ne sei andato. Le sue case sono costruite su una collina così ripida che sarebbe un precipizio se non ci fossero state intagliate delle scale. O credo che le fondamenta delle case, di solito verticali, a Positano siano orizzontali. Il piccolo golfo sinuoso dall’acqua incredibilmente azzurra e verde bagna lievemente una spiaggia di piccoli ciottoli. C’è una sola stradina stretta, che non scende fino all’acqua. Tutto il resto è a gradini, talvolta ripidi come quelli di una scala a pioli. Per andare a fare visita ad un amico non si cammina, ci si arrampica o si ruzzola”.
(John Steinbeck, su Harper’s Bazaar, 1953)
La costiera
“La bianca colonnata che il maestrale
di rigoglio in rigoglio segue al vivo
della costa marina, in quel novale
di frescura e di colto, con l’abbrivio
d’un piacere insolente, è solo grazia
di lavoro, umiltà d’assetto antico.
Per gradini di roccia, in ogni vico
di strettura fiorita dove strazia
l’agave il ceppo e fila il lungo stelo
di meraviglia, vide chini il cielo
l’asino e l’uomo a stendere palmento
di terra avara, a intepidire il vento.
Ora l’onesta e lucida struttura
della fatica sembra la natura
stessa che ride e dà giardino al pianto.”
Alfonso Gatto
“Forse ad Amalfi le vele cortesi della Repubblica, “tavole” di paziente e antica civiltà, battono ancora visibili-invisibili nelle ore di vento del piccolo porto”.
Salvatore Quasimodo
Credesi che la marina da Reggio a Gaeta sia quasi la più dilettevole parte d’Italia; nella quale assai presso a Salerno è una costa sopra ‘l mare riguardante, la quale gli abitanti chiamano la costa d’Amalfi, piena di piccole città, di giardini e di fontane, e d’uomini ricchi e procaccianti in atto di mercatantia, sì come alcuni d’altri.
Boccaccio, Decamerone (II giornata, IV novella)
Legami tra i siti Unesco italiani
[learn_more caption=”Côte Amalfitaine et… Porto Venere et les Cinque Terre”] Même si loin du point de vue géographique, ces deux Patrimoines Mondiaux italiens ont des éléments en commun. À travers une profonde expression de la civilisation méditerranéenne, les deux paysages culturels montrent des spécifiques traditions d’établissement qui respectent la nature extrême et, parfois, sauvage. Le rapport fondamental avec la mer et la confrontation avec un littoral escarpé et rocheux a stimulé les habitants à étudier des solutions pour l’agriculture et les constructions, à les transmettre et à les garder en tant que valeurs de leur propre identité. La nature exceptionnelle des paysages a permis aux deux Côtes de devenir des destinations privilégiées du tourisme internationale.[/expand]Note bibliografiche
Bibliografia
A. Caffaro, G. Gargano, Costiera Amalfitana guida storico-artistica, Salerno, Palladio Editrice, 1978
D. Richter (a cura di), Alla ricerca del Sud tre secoli di viaggi ad Amalfi nell’immaginario europeo, Scandicci (Firenze), La Nuova Italia Editrice, 1989
- Valore UNESCO
La Côte Amalfitaine a été insérée dans la catégorie «Cultural Landscape» qui a été introduite par l’UNESCO en 1992 en complément des sites naturels et culturels. Le Centre du Patrimoine Mondiale a reconnu la Côte comme étant un exemple extraordinaire du paysage méditerranéen avec des valeurs naturels et culturels d’exception qui dérivent de sa topographie théâtrale et de son évolution historique. Ce qu’on peut admirer aujourd’hui est, donc, le résultat de la composante naturelle et de la composante historique qui se mêlent dans un processus vertueux qui n’a pas altéré l’équilibre des différents éléments du territoire (végétation, eau, faune). Dans un contexte naturel caractérisé par une topographie scénographique et à travers un processus historique et évolutif de plusieurs siècles, la Côte Amalfitaine est devenue un véritable trésor de la Méditerranée qu’il faut préserver.
Le passé glorieux de la République Maritime d’Amalfi
Des pièces archéologiques, qui remontent au Paléolithique et au Mésolithique, ont été trouvées à Positano et elles témoignent la présence humaine bien avant l’Âge Classique, quand les familles nobles établirent dans ces lieux leurs résidences de loisir. La ville d’Amalfi fut fondée pendant le Haut Moyen Âge (IVE siècle). Elle fut revendiquée par Byzance, par les Lombards de Bénévent et par le Duché de Naples et cette ville se développa remarquablement jusqu’à devenir, en 839 apr. J.C., une autonome République Maritime qui connut une période florissante entre le IXe et le XIe siècle, en correspondance du déclin de la suprématie de Byzance pour le contrôle des mers. La République contrôlait la Mer Tyrrhénienne et son territoire allait de la ville de Vietri sul Mare jusqu’à l’île de Capri; elle monopolisait le commerce du bois, du fer, des armes, du vin et des fruits et elle gérait des importants contacts avec l’Orient, où elle achetait les épices, les essences parfumées, les bijoux et les tissus précieux qui, ensuite, étaient vendus en Occident. A partir de cette époque de richesse et d’échanges culturelles, la ville d’Amalfi a conquis, dans l’imaginaire européen, le titre de lieu-symbole du voyage.
Le paysage de la Côte Amalfitaine : homme, environnement, hommes et cultures
La Côte Amalfitaine comprend 11.231 hectares de territoire et 15 communes de la province de Salerne.
L’extraordinaire contexte naturel qui a accueilli l’homme est caractérisé par des bastions de pierres calcaires et des vallées très étroites et profondes où on retrouve des villages qui tiennent du miracle et qui sont parfaitement en harmonie avec le territoire. Le paysage urbain de la Côte montre un exceptionnel mélange de styles architectoniques: Byzantin, Roman, Baroque, Rococo et Néoclassique. À trois kilomètres de distance de Salerne, il y a Vietri sul Mare, qui marque le départ de la route panoramique qui traverse aussi Amalfi et Sorrente. Cette ville est une station balnéaire connue et appréciée mais elle est aussi très populaire pour ses céramiques. Amalfi témoigne les liens avec les cultures et le pays de l’Orient qui ont caractérisés le Moyen Age. Les résidences se développent dans des petits espaces, grimpent dans les collines, communiquent grâce à des escaliers raides et à des passages très étroits: tout cela nous rappelle les caractéristiques des souks du monde arabe, des centres dédiés au commerce qui se trouvent dans les villes musulmanes. L’art et l’architecture siculo-arabes et le Baroque ont joués un rôle crucial dans la ville d’Amalfi. Un intérêt particulier est évoqué par le Dôme dédié à l’apôtre André, construit pendant le IX siècle avec un style baroque à l’intérieure et caractérisé par son fameux escalier de 57 marches. La ville d’Atrani, représentée plusieurs fois par Escher («Côte Amalfitaine», lithographie de 1931), s’est développée auprès de l’embouchure du fleuve Dragone, de la paroi rocheuse et elle fait face à la mer. Atrani est née au cours du Moyen Âge à partir des bourgs tout autour des églises, de la place et du rideau des édifices et elle a une sorte d’amphithéâtre naturel. Le paysage vertical de Positano offre un panorama exceptionnel caractérisé par les maisons et les petites ruelles; dans le passé, cette ville était un bourg maritime et, aujourd’hui, elle garde son charme superbe et son ambiance unique grâce à la position enfermée entre les montagnes et la mer. La ville de Ravello est caractérisée par sa position privilégiée (350 mètres au-dessus du niveau de la mer) qui offre une vue panoramique sur le Gulfe. La cathédrale de Ravello fut fondée en 1087 et elle est caractérisée par une porte divisée en 54 carrés représentant les saints, les histoires de la Passion du Christ et les lions. D’autres bâtiments intéressants et avec une grande valeur historique et artistique sont le Palazzo Rufolo (construit entre 1270 et 1280 par la famille du même nom), l’église de la Santissima Annunziata et le Palazzo Confalone. En outre, à travers un long escalier et un sentier on peut rejoindre Villa Cimbrone. À l’origine, il s’agissait d’une maison de paysans de la famille Fusco mais, ensuite, elle a été achetée par un lord anglais.
Le voyage vers la Côte Amalfitaine entre culte, nature, art et littérature
La Côte Amalfitaine est formée par quatre zones côtières principales (Amalfi, Atrani, Maiori et Minori) et par quatre zones côtières secondaires (Positano, Praiano, Certaria et Erchie) qui, ensembles, composent un paysage émouvant, grâce aux vallées remarquables et aux villages de montagne tels que Scala, Tramonti, Ravello, Conca et Furore, qui ont été choisis par plusieurs artistes en quête d’un enrichissement esthétique. La Côte s’est transformée d’un lieu d’échanges commerciaux et culturels à une destination de pèlerinage, d’un port à une moderne étape du voyage de formation, tels que Goethe l’a défini. Pendant la période du Romantisme, quand les artistes et les hommes de lettres recherchaient la solitude et le contact direct et privilégié avec la nature, la côte d’Amalfi acquit un nouveau rôle dans l’imaginaire européen. La nouvelle approche culturelle valorisa les paysages sauvages, le littoral rocheux et parsemé de petits villages: voilà le nouveau paysage idéal de la Côte Amalfitaine.
Per saperne di più
L’histoire rugissante d’Amalfi et des Amalfitains
Cette ville qui, à cause des faibles ressources territoriales mais grâce aux activités des habitants, détenait le contrôle des trafics maritimes de la Mer Tyrrhénienne, a été capable de rivaliser avec la riche et puissante ville de Naples au point de pousser Sicardo, Duc Lombard de Bénévent, à piller et conquérir Amalfi en 836 apr. J.-C. Néanmoins, les Amalfitains ont été capables de se révolter et de conspirer contre le Duc pour obtenir l’indépendance de la ville. À partir de 839 jusqu’à la fin du XIe siècle, grâce aux astucieux choix politiques, Amalfi représenta une véritable puissance. Dès 958, Amalfi eut ses propres lois, ses magistrats et sa propre monnaie et elle fut gouvernée par un Doge (comme Venise) qui, formellement, était élu par les empereurs d’Orient mais qui, en réalité, gérait la ville en totale autonomie et liberté. La République garda sa richesse et sa puissance grâce aux contacts avec les autres Pays de la Méditerranée: Constantinople, Lattaquié, Haïfa, Beyrouth, Baghdâd, Tripoli, Tunis, Cipre, Alexandrie d’Egypte et même avec l’Inde.La Côte submergée
Avec ses 50 kilomètres de littoral, la Côte Amalfitaine offre des innombrables occasions pour les amoureux des plongées sous-marines où ils peuvent admirer l’écosystème marin de la Méditerranée avec des grottes et des criques, des formations coralliennes et des prairies de Posidonie océanique (Posidonia oceanica) sur les fonds marins sablonneux. La Posidonie est une espèce végétale endémique de la Méditerranée à haute valeur biologique qu’on pourrait définir comme le «poumon vert» de la Méditerranée; de plus, cette espèce végétale stabilise les fonds marins et protège une grande variété de poissons, mollusques et crustacés.Les Tables Amalfitaines
Les Tables Amalfitaines font partie des premiers codes maritimes, nés de l’expérience de la République d’Amalfi (XIe siècle). Il s’agit d’un recueil de lois – un code – qui réglait les rapports entre les compagnies d’armement, les propriétaires des navires, les membres de l’équipage et les marchands et qui, donc, établissait les aspects commerciaux et comportementaux en matière de navigation. Ce code s’est ensuite diffusé dans toute la zone de la Méditerranée et il a continué à être utilisé jusqu’à l’époque moderne.La magie des sorcières de la mer
La Côte Amalfitaine est un lieu riche de mythes et légendes, ancrés dans l’Antiquité. Notamment, une légende est encore aujourd’hui très populaire et elle dérive des cultes païens liés aux divinités féminines, tels qu’Isis ou Diane. Elle affirme que, dans ces lieux, les janare (des femmes sorcières aux pouvoirs magiques et connaisseuses des mystères des herbes) se rencontrent et soustraient les bateaux aux pêcheurs pour se déplacer.Amalfi, une ville symbole d’ouverture et d’échange même pendant les guerres
Alors que les forces papales, pendant les Croisades, s’engageaient dans la lutte contre les Sarrasins, la République Maritime Amalfitaine s’adonnait aux valeurs du commerce et du libre voyage, mue par un esprit interculturel incroyablement moderne: Amalfi gardait des relations optimales ave les peuples «infidèles». En 877, Pape Jean VIII demanda aux flottes amalfitaines un plus fort engagement pour la défense des côtes des Etats Pontificaux contre les Sarrasins, moyennant 10.000 mancusi par an. Toutefois, après le premier payement, Amalfi et les Amalfitains ne respectèrent pas cet engagement et ils continuèrent à entretenir des relations pacifiques et basées sur le commerce et l’échange avec les Sarrasins. En conséquence, Jean VIII excommunia toute la ville.L’invention de la boussole
Selon la tradition, la boussole a été inventée par un Amalfitain, M. Flavio Gioia (même si Positano désire s’approprier de la popularité de cette invention). Le blason de la ville est composé par le symbole de cet instrument, mais l’histoire de la boussole est bien plus complexe: on pense qu’elle fut inventée par les Chinois et, ensuite, amenée à Amalfi grâce aux Arabes et aux rapports commerciaux entre les deux peuples. On peut donc affirmer que la boussole parut en Europe par le biais des Amalfitains même s’ils ne l’ont pas vraiment inventé.Protagonisti
Maurits C. Escher
Maurits C. Escher (Leeuwarden, 17 juin 1898 – Laren, 27 mars 1972)
Artiste néerlandais, connu pour ses gravures et ses lithographies. Il est populaire pour sa recherche de la représentation des structures de l’espace et il visita la Côte Amalfitaine en 1931 et en 1934, pendant un voyage en Italie, qu’il commença en 1923 et termina en 1935, à travers plusieurs régions tels que le Latium, les Abruzzes, la Campanie, les Pouilles et la Sicile. La Côte Amalfitaine offrit à Escher et à son inspiration un éventail de scénographies naturelles. L’esprit d’Escher envers l’art fut revitalisé par le panorama amalfitain qui exprimait l’harmonie et l’élan créatif; l’artiste concevait la nature comme une projection de l’esprit, avec une tension constante et avec différents niveaux de profondeur et de «hauteur»; il trouva une expression surprenante de son imaginaire: la même structure complexe et multi niveaux de son organisation de l’espace se reflétait dans les éléments naturels et anthropiques de la Côte Amalfitaine.
Legami tra i siti Unesco italiani
[learn_more caption=”Côte Amalfitaine et… Porto Venere et les Cinque Terre”] Même si loin du point de vue géographique, ces deux Patrimoines Mondiaux italiens ont des éléments en commun. À travers une profonde expression de la civilisation méditerranéenne, les deux paysages culturels montrent des spécifiques traditions d’établissement qui respectent la nature extrême et, parfois, sauvage. Le rapport fondamental avec la mer et la confrontation avec un littoral escarpé et rocheux a stimulé les habitants à étudier des solutions pour l’agriculture et les constructions, à les transmettre et à les garder en tant que valeurs de leur propre identité. La nature exceptionnelle des paysages a permis aux deux Côtes de devenir des destinations privilégiées du tourisme internationale.[/expand]Glossario
Glossario
Topographie, n.f., ce mot dérive du grec tòpos, lieu, et grafia, écriture. Il s’agit d’une science qui étudie les caractéristiques physiques de la surface terrestre et qui fournit des dimensions et des représentations précises. Au sens large, le mot indique la structure ou l’aspect d’un lieu, d’une ville ou d’un organisme.
Âge d’or, expression qui indique la période historique ou l’époque la plus heureuse et florissante de quelqu’un ou de quelque chose, comme par exemple: une civilisation, un peuple, une ville. Cette expression dérive de la mythologie classique.
Déclin, n.m., descente, appauvrissement, réduction, aggravation.
Suprématie, n.f., primauté, prééminence.
Monopoliser, verbe, établir sa propre domination ou suprématie après avoir éliminé tous les autres adversaires. Dans le domaine économique, le monopole représente la concentration de l’offre d’un produit entre les mains d’un seul sujet.
Formation, n.f., le processus qui vise à la formation de quelque chose ou de quelqu’un; ici, le processus d’apprentissage qui détermine une amélioration des compétences professionnelles et spirituelles à travers les expériences ou les parcours.
Anthropique, adj., qui concerne l’homme ou ce qui a été produit par l’homme. Ce mot dérive du grec àntropos, homme.
1997, Naples, Italie, 21e session du Comité
Site culturel
Italie du Sud, région de Campanie, Province de Salerne
Criteri di Iscrizione
Estensione del bene




