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Ville de Vérone

Illustrazione Elena Prette

Dichiarazione di Eccezionale Valore Universale

La ville est située dans le nord de l’Italie au pied des monts Lessini sur le fleuve Adige. Elle date de l’époque préhistorique: un petit secteur bâti qui se développa du IVe au IIIe siècle av. J.-C. pour devenir un municipium romain au Ier siècle av. J.-C. après quoi elle prit rapidement de l’importance. Au cours du Ve siècle, elle fut occupée par le roi ostrogoth Théodoric Ier, puis par les Lombards et enfin, en 774, par Charlemagne. Au début du XIIe  siècle, devenue commune autonome, elle prospéra sous la domination de la famille des Scaliger et, notamment, sous Cangrande Ier. Conquise par Venise en 1405, elle fit partie de l’Empire autrichien à partir de 1797 avant d’être rattachée au royaume d’Italie en 1866. Le cœur de la ville est formé par la cité romaine, établie dans une boucle de la rivière contenant une des plus riches collections de vestiges romains du nord de l’Italie. Parmi les vestiges de cette époque ayant subsisté, on compte la porte de la ville, Porta Borsari, les vestiges de la Porta Leoni, l’Arco dei Gavi, qui fut démoli à l’époque napoléonienne, puis reconstruit près de Castelvecchio dans les années 1930, le Ponte Pietra, le théâtre romain et les arènes avec leur amphithéâtre. Les Scaliger reconstruisirent ses murs au Moyen Âge, en englobant ainsi une aire beaucoup plus vaste à l’ouest et une autre très étendue sur la berge est de la rivière. La taille de la ville est demeurée la même jusqu’au XXe  siècle. Le cœur de Vérone est l’ensemble formé par lapiazza delle Erbe (avec son pittoresque marché aux fruits et légumes) et la piazza dei Signori, avec ses édifices historiques dont le palazzo del Comune, le palazzo del Governo, la loggia del Consiglio, les arche Scaligere et la domus Nova. La piazza Bra comporte un grand nombre d’édifices datant d’époques différentes. L’architecture et la structure urbaine de Vérone qui ont subsisté reflètent l’évolution de cette ville fortifiée en 2 000 ans d’histoire.

  • Valore UNESCO

    La ville de Vérone a joué un rôle majeur dans l’histoire européenne en tant que carrefour d’arts et de peuples, d’armées et de cultures. Fondée par des anciennes tribus, elle est devenue une colonie romaine au Ier siècle av. J.-C., quand elle a donc vu son importance s’accroître rapidement. Elle a été occupée par le roi ostrogoth Théodoric (Ve siècle), par les Lombards et par Charlemagne. Elle a prospérée pendant le règne de la famille Scaliger et, en particulier, sous Cangrande Ier (XIVe siècle). En 1405 Vérone est passée sous la domination de Venise (XVe-XVIIIe siècles) et dès 1797 sous la République Cisalpine, mais en 1815, après le Congrès de Vienne, elle a été incluse dans le royaume Lombardo-Vénitien annexé à l’Autriche-Hongrie. En 1866, elle a été intégrée au Royaume d’Italie.

    Les origines et la fortune romaine
    Depuis ses origines, Vérone a bénéficié d’une position géographique stratégique, au point qu’elle est devenue la clef de voûte des axes de communication entre les Alpes, la Plaine du Pô et les routes commerciales vers l’Adriatique. Les sinuosités du fleuve Adige qui traverse Vérone et les collines qui l’entourent sur le côté nord déterminent la beauté et l’harmonie du paysage. La vie de Vérone romaine a commencée au Ier siècle av. J.-C. Entourée par le fleuve Adige, la ville romaine est le cœur de Vérone. Ce qui n’était auparavant qu’un gué colonisé par une tribu de Gaulois sur l’importante voie fluviale de l’Adige, selon le récit de l’historien Tite-Live, est élevé au rang de Municipium romain en l’an 42 av. J.-C., un important centre de direction de l’état romain et des ses subdivisions militaires. De l’époque romaine il nous reste des traces significatives: des extraordinaires Arènes au Théâtre Romain, de l’Arco dei Gavi à Porta Borsari, à la zone archéologique de Porta Leoni.
    La famille Scaliger (XIIIe et XIVe siècles) et la domination de Venise (XVe-XVIIIe siècles)
    La présence à Vérone de la famille Della Scala est déjà attestée au XIe siècle. Sous la seigneurie des Scaliger, la ville atteint une période de grande splendeur. La famille Scaliger a reconstruit les murs d’enceinte, en incluant un territoire plus élargi à l’ouest, ainsi qu’une vaste zone supplémentaire sur la rive orientale du fleuve: la taille de la ville est restée par la suite inchangée jusqu’au XXe siècle. Sous la domination vénitienne, les énergies économiques et culturelles de Vérone n’ont pas été inhibées, si bien que la ville s’est renouvelée par la construction de nouveaux palais et l’acquisition d’œuvres d’art.
    La ville forteresse
    Les murs de la ville sont les éléments architecturaux qui peuvent nous aider à mieux comprendre l’évolution de Vérone: les périmètres des murs ont été progressivement élargis selon l’époque de construction, ils donnent un aspect particulier à la ville et nous fournissent les outils pour une analyse historique et de planification urbaine. Il ne reste que très peu des vestiges des murs d’enceinte construits par les Romains en deux époques successives, les murs communaux par contre, reconstruits après l’inondation de 1239, sont encore en excellent état. Le périmètre des murs que la famille Scaliger avait fait construire, qui renfermait une superficie de 450 hectares, n’a pas été modifié par le Vénitiens au XVIe siècle et, non plus, au XIXe siècle par les Autrichiens, qui ont fait de Vérone une de quatre villes fortifiées du Quadrilatère. Les portes monumentales et les fortifications témoignent de l’importance stratégique de la ville, un magnifique exemple de forteresse militaire.
    Vérone, ville d’art
    Vérone a été une pépinière des Arts: depuis ses origines elle a été également une ville de culture, un centre animé d’attraction pour les artistes et les hommes de lettres. Plusieurs artistes ont contribué à la beauté de la ville, parmi lesquels Giovanni Giocondo, Girolamo dai Libri, Liberale da Verona, Michele Sanmicheli, Pisanello et Véronèse. Beaucoup ont toujours été ses visiteurs, dont certains très illustres, tels que Dante, Mozart, Goethe, Ruskin. Elle a été toujours célébrée dans les tableaux, les œuvres, les romans et les poésies; on mentionne parmi les autres William Shakespeare qui n’a jamais visité la ville, mais l’a chantée dans un des ses poèmes les plus célèbres, Roméo et Juliette. Même aujourd’hui Vérone, avec son élégance et raffinement, est un centre vital pour la culture en Europe.
    Per saperne di più
    Vérone à l’époque de Cangrande della Scala

    Vérone au XIVe siècle était une ville pleine de vie, par les rues on rencontrait des nobles et des chevaliers, des dames et des foules d’hommes du peuple qui venaient voir «la magnificence du messire Cane de la Scala». L’extrait suivant nous fournit la possible reconstruction d’une scène de la vie quotidienne à la cour de Cangrande.

    «Dans les rues qui mènent au palais passent des destriers et des coursiers, des bandes avec des drapeaux, des cuirasses et des boucliers, des musiciens avec leurs trompettes, guitares, luths, violes, tambours, sifflets et flûtes; dans les cours errent les pauvres […], les paysans […] se mêlent aux barons et les marquis gentils et courtois aux licenciés ès astrologie, philosophie et théologie en discutant entre eux en latin; des hommes d’armes et des marchands italiens, allemands, français, flamands, anglais conversent dans leur propre langue, comme s’ils étaient à Babel. […] Dans le palais de Cangrande, on danse, on chante, on joue, on rit, on mange et on vole les planches à manger sans que le seigneur se préoccupe, heureux du bonheur des autres qui vient de sa magnificence, de sa joie de vivre».

    (M. Carrara, «Gli Scaligeri (La famille Scaliger)», op.cit., pages 117-118)

    Les barbares à Vérone et la conjuration de Rosemonde
    Vérone a été le siège majestueux de la puissance des Ostrogoths en Italie sous le roi Théodoric (493-526). Pendant son règne, la ville a été le plus important centre militaire du règne et le siège favori du roi, qui l’a rénovée et embellie. Des palais, des porches, des thermes ont été bâtis, les murs, qui avaient été détruits par les incursions barbares précédentes, ont été reconstruits. Par la suite, Vérone a été conquise par les Lombards, qui étaient descendus en Italie en 568 apr. J.-C. guidés par le roi Alboïn. Selon l’historien Paul Diacre, en 572 la reine Rosemonde s’était alliée avec les ennemis du roi, en montant une conjuration contre son propre mari, le roi Alboïn. Une tradition très connue raconte que, du fait que le roi avait forcé Rosemonde à boire dans une coupe faite avec le crâne de son père tué, elle avait décidé de se venger à tous prix en parvenant à faire tuer Alboïn.
    La maison de Juliette

    Au numéro 23 de via Cappello, pas loin de Piazza delle Erbe, se trouve un bâtiment datant du XIIIe siècle, qui a été la propriété de la famille Dal Cappello pendant longtemps; la ressemblance du nom (Cappello, Capulet) n’a fait que renforcer la légende et la croyance populaire qui l’avait identifiée comme la maison natale de Juliette Capulet dans la tragédie de Shakespeare. Dans la maison sont conservés des meubles et des costumes utilisés dans le célèbre film Roméo et Juliette tourné par Franco Zeffirelli en 1968, des poteries d’époque médiévale et de la première Renaissance provenant de la région de Vérone et une collection de gravures représentant des scènes inspirées par la tragique histoire des deux amants.

    «Juliette: – Dis-moi, comment tu es entré dans ce jardin: ses murs sont élevés et presque inaccessibles. Quels sont tes projets, étant ce que tu es ? Ce lieu sera celui de ta mort, si quelqu’un de mes parents vient à t’y surprendre.

    Roméo: – C’est avec les ailes de l’amour que j’ai franchi la hauteur de ces murs. Il n’est point de remparts capables d’arrêter l’amour, et tout ce que l’amour peut tenter, l’amour ose; tes parents ne sont point un obstacle pour moi».

    (William Shakespeare, Juliette et Roméo, Acte II, scène II)

    La devinette de Vérone

    En 1924, dans la Bibliothèque Capitulaire de Vérone, Luigi Schiaparelli a trouvé un ancien code sur lequel, en marge d’un parchemin, il y avait un écrit datant des siècles VIIIe-IXe. Probablement écrite par la main d’un copiste de la même bibliothèque, la devinette de Vérone a fait l’objet d’études, d’analyses et de discussions importantes dans le domaine linguistique et philologique. À ce jour, on exclut l’hypothèse selon laquelle elle est la preuve la plus ancienne de la langue vulgaire de la zone italienne, puisque elle ne semble impliquer une véritable conscience linguistique la distinguant clairement du latin. En outre, l’écrit est caractérisé par des caractéristiques typiques du dialecte de la région de Vérone.

    «Boves se pareba

    Alba pratalia araba

    Et albo versorio teneba

    Et negro semen seminaba»

    [C’est-à-dire: il (ou elle) préparait ses bœufs, labourait les champs blancs et tenait un vase blanc et semait une semence noire].

    L’interprétation de ce verset révèle une signification autoréférentielle du texte: une métaphore de l’acte ou de la profession de l’écriture, dans laquelle les doigts de l’écrivain sont comparés à des bœufs attachés à un albo versoio (une charrue rudimentaire, c’est-à-dire la plume d’oie à écrire), qui trace son sillon sur des champs blancs (les pages) en semant des graines noires (l’encre avec laquelle on écrit les mots).

    Le congrès de la Sainte-Alliance à Vérone en 1822
    Après la défaite de Napoléon Bonaparte en 1814, Vérone était devenue une ville de l’Empire autrichien. Le nouvel empereur François Ier d’Habsbourg a été bien accueilli par la population éprouvée par des décennies de guerres et de répressions, et il a voulu que le Congrès de la Sainte-Alliance (9-14 octobre 1822) eût lieu à Vérone. Les souverains, les princes et les ambassadeurs des nations européennes les plus puissantes sont arrivés dans la ville et ils ont logés dans les palais de Vérone; la ville a connu, quoique brièvement, l’atmosphère d’une grande capitale. Pour l’occasion, un spectacle avait été organisé dans l’amphithéâtre des Arènes avec la participation de Gioacchino Rossini, qui a dirigé une chorale en l’honneur de la Sainte-Alliance.
    Les Arènes de Vérone: des combats des gladiateurs aux défis des ténors
    L’inauguration de l’amphithéâtre à plan elliptique a eu lieu autour de l’an 30 apr. J.-C. Dans les siècles de l’Haut Moyen Âge, les «duels judiciaires» avaient lieu dans les Arènes. Ils reflétaient l’ancienne tradition de l’ordalie d’origine germanique: une pratique juridique selon laquelle l’innocence ou la culpabilité de l’accusé étaient déterminées en le soumettant à une épreuve douloureuse ou un duel. La détermination de l’innocence découlait de l’achèvement de l’épreuve sans dommage, ou de la victoire dans le duel. Aujourd’hui, l’amphithéâtre accueille un festival d’opéra et des événements musicaux avec des protagonistes de renommée mondiale.
    Protagonisti
    Cangrande Ier Della Scala

    Cangrande Ier della Scala (Vérone, 9 mars 1291 – Trévise, 22 juillet 1329)

    Une chronique de la ville le décrit «de taille grande et belle, agréable à tous, de manières et d’élocution aimable et courageux dans les batailles». Magnanime avec les ennemis, généreux mécène, les hommes de lettres de l’époque en ont transmis et consacré la renommée de prince audacieux, fort et en même temps bienveillant. Même si Cangrande, champion du monde gibelin du XIVe siècle, a été un tyran pour les guelfes, les poètes italiens les plus illustres ont reconnu sa générosité d’esprit. Il n’a pas eu d’héritiers légitimes directs de sa femme Jeanne de Suède, fille de Conrad d’Antioche, mais de nombreux descendants illégitimes. Son père, Alberto Ier della Scala, avait choisi son nom – Cane Francesco ou Canfrancesco dit «Canis magnus» -, en pensant peut-être au Grand Khan du Livre des Merveilles de Marco Polo. Il faut rappeler aussi que dans l’héraldique médiévale le chien était un animal avec des qualités très positives, comme la noblesse, la fidélité, la fierté et l’élégance. Pendant son parcours politique, Cangrande a toujours été fidèle à l’empereur Henri VII et en conflit constant avec Padoue. Il a procuré le prestige et la solidarité des liens familiaux à sa famille, en consolidant les possessions et les relations d’alliance. Cangrande a laissé à l’histoire le dessin d’une «mission politique» consciente en faveur de l’empire dans les territoires italiens – un choix qui a valu l’excommunication papale au seigneur de Vérone, mais qui lui a fait gagner le respect et les honneurs du poète majeur Dante Alighieri, qui lui a dédié la partie du Paradis de la Divine Comédie.

    Testimonianze d’autore
    Testimonianze

      “Non c’è mondo al di fuori delle mura di Verona…

    William Shakespeare

     

      “Deliziosa Verona! Con i suoi bei palazzi antichi e l’incantevole campagna vista in distanza da sentieri praticabili e da solide gallerie con balaustra. Con i suoi tranquilli ponti romani che tracciano la retta via illuminando, nell’odierna luce solare, con tonalità antiche di secoli. Con le chiese marmoree, le alte torri, la ricca architettura che si affaccia sulle antiche e quiete strade nelle quali riecheggiavano le grida dei Montecchi e dei Capuleti…

    Charles Dickens

     

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Vérone et… les Lombards en Italie”]
    Vérone a été l’une des premières villes à tomber sous la domination des Lombards, après Cividale del Friuli. Cette ville, qui autrefois avait été le centre du royaume des Ostrogoths de Théodoric, fut choisie comme quartier général par le roi et le condottiere lombard Alboïn et elle a continué à être l’un des principaux centres du pouvoir de la Lombardie Majeure, à savoir la partie nord des possessions lombardes en Italie.[/expand] [learn_more caption=”Vérone et… Venise”] Le peintre Paolo Caliari, mieux connu comme Véronèse, est né en 1528 et a été formé dans la ville de Vérone: il a fait son apprentissage dans l’atelier d’Antonio Badile, mais le style talentueux de Véronèse était dû principalement à la relation que le jeune Paolo avait avec l’architecte Michele Sanmicheli, qui lui avait transmis l’influence du maniérisme de matrice toscane-romaine. Véronèse a vécu et travaillé à Venise à partir de 1556, et il a laissé une marque illustre de génie artistique exceptionnel sur la Renaissance. Même dans la lagune, le génie de Véronèse a été caractérisé par une identité artistique « différente», «étrangère» dans un certain sens et cela est évident, par exemple, dans le traitement des couleurs qu’il utilise pour ses œuvres, qui est différent par rapport à la tradition vénitienne native: Véronèse ne fait jamais sienne la peinture tonale (caractéristique fondamentale de la peinture vénitienne de l’époque qui prévoyait une sensibilité de couleur particulière), mais il préfère utiliser des couleurs nettes et vives, avec des aplats bien définis et caractérisés.[/expand]
    Note bibliografiche
    Bibliografia

    Mantegna e le arti a Verona, 1450-1500, a cura di S. Marinelli, Paola Marini, Venezia, Marsilio, 2006

    Il Museo del Risorgimento. Verona dagli Asburgo al Regno d’Italia, a cura di E. Napione, Silvana Editoriale, Milano, 2011

    Gli Scaligeri: 1277-1387. Saggi e schede pubblicati in occasione della mostra storico-documentaria allestita dal Museo di Castelvecchio di Verona, giugno-novembre 1988, a cura di G.M. Varanini, Verona, Mondadori, 1988

    M. Carrara, Gli Scaligeri, Dall’Oglio Editore, Varese, 1966

    A. Castellani, I più antichi testi italiani: edizione e commento di Arrigo Castellani, Bologna, Patron, 1973

    L. Puppi, Michele Sanmicheli architetto di Verona, Marsilio, Venezia, 1971

    M. Girardi, Verona tra Ottocento e Novecento, Canova, 2004

  • Valore UNESCO

    La ville de Vérone a joué un rôle majeur dans l’histoire européenne en tant que carrefour d’arts et de peuples, d’armées et de cultures. Colonie romaine au Ier siècle av. J.-C., elle a vu son importance s’accroître rapidement. Elle a été occupée par le roi ostrogoth Théodoric (Ve siècle), par les Lombards et par Charlemagne. Elle a prospérée pendant le règne de la famille Scaliger et, en particulier, sous Cangrande Ier (XIVe siècle). En 1405 Vérone est passée sous la domination de Venise (XVe-XVIIIe siècles) et dès 1797 sous la République Cisalpine, mais en 1815, après le Congrès de Vienne, elle a été incluse dans le royaume Lombardo-Vénitien annexé à l’Autriche-Hongrie. En 1866, elle a été intégrée au Royaume d’Italie.

    Les origines et la fortune romaine
    Depuis ses origines, Vérone a bénéficié d’une position géographique stratégique au milieu des axes routiers entre les Alpes, la Plaine du Pô et les routes commerciales vers l’Adriatique. La vie de Vérone romaine a commencée au Ier siècle av. J.-C. Ce qui n’était auparavant qu’un gué colonisé par une tribu de Gaulois sur la voie fluviale de l’Adige, selon le récit de l’historien Tite-Live, est devenu un Municipium romain en l’an 42 av. J.-C., un important centre de direction de l’état romain et des ses subdivisions militaires. De l’époque romaine il nous reste des traces significatives: des extraordinaires Arènes au Théâtre Romain, de l’Arco dei Gavi à Porta Borsari, à la zone archéologique de Porta Leoni.
    La famille Scaliger (XIIIe et XIVe siècles) et la domination de Venise (XVe-XVIIIe siècles)
    La présence à Vérone de la famille Della Scala est déjà attestée au XIe siècle. Sous la seigneurie des Scaliger, la ville atteint une période de grande splendeur. Même sous la domination vénitienne, Vérone a continué à prospérer et s’est renouvelée par la construction de nouveaux palais et l’acquisition d’œuvres d’art.
    La ville forteresse
    Les murs de la ville sont parmi les éléments qui peuvent nous aider à mieux comprendre l’évolution de Vérone: les périmètres des murs, qui ont été progressivement élargis selon l’époque de construction, donnent un aspect particulier à la ville. Il ne reste que très peu des vestiges des murs d’enceinte construits par les Romains, les murs communaux par contre sont encore en excellent état. Le périmètre des murs que la famille Scaliger avait fait construire, qui renfermait une superficie de 450 hectares, n’a pas été modifié par le Vénitiens au XVIe siècle et, non plus, au XIXe siècle par les Autrichiens, qui ont fait de Vérone une de quatre villes fortifiées du Quadrilatère. Les portes monumentales et les fortifications témoignent de l’importance stratégique de la ville, un magnifique exemple de forteresse militaire.
    Vérone, ville d’art
    Vérone a été une pépinière des Arts: depuis ses origines elle a été également une ville de culture, un centre animé d’attraction pour les artistes et les hommes de lettres. Plusieurs artistes ont contribué à la beauté de la ville, parmi lesquels Giovanni Giocondo, Girolamo dai Libri, Liberale da Verona, Michele Sanmicheli, Pisanello et Véronèse. Beaucoup ont toujours été ses visiteurs, dont certains très illustres, tels que Dante, Mozart, Goethe, Ruskin. Elle a été toujours célébrée dans les tableaux, les œuvres, les romans et les poésies; on mentionne parmi les autres William Shakespeare qui n’a jamais visité la ville, mais l’a chantée dans un des ses poèmes les plus célèbres, Roméo et Juliette. Même aujourd’hui Vérone, avec son élégance et raffinement, est un centre vital pour la culture en Europe.
    Per saperne di più
    Vérone à l’époque de Cangrande della Scala

    Vérone au XIVe siècle était une ville pleine de vie, par les rues on rencontrait des nobles et des chevaliers, des dames et des foules d’hommes du peuple qui venaient voir «la magnificence du messire Cane de la Scala». L’extrait suivant nous fournit la possible reconstruction d’une scène de la vie quotidienne à la cour de Cangrande.

    «Dans les rues qui mènent au palais passent des destriers et des coursiers, des bandes avec des drapeaux, des cuirasses et des boucliers, des musiciens avec leurs trompettes, guitares, luths, violes, tambours, sifflets et flûtes ; dans les cours errent les pauvres […], les paysans […] se mêlent aux barons et les marquis gentils et courtois aux licenciés ès astrologie, philosophie et théologie en discutant entre eux en latin ; des hommes d’armes et des marchands italiens, allemands, français, flamands, anglais conversent dans leur propre langue, comme s’ils étaient à Babel. […] Dans le palais de Cangrande, on danse, on chante, on joue, on rit, on mange et on vole les planches à manger sans que le seigneur se préoccupe, heureux du bonheur des autres qui vient de sa magnificence, de sa joie de vivre».

    (M. Carrara, «Gli Scaligeri (La famille Scaliger)», op.cit., pages 117-118)

    Les barbares à Vérone et la conjuration de Rosemonde
    Vérone a été le siège majestueux de la puissance des Ostrogoths en Italie sous le roi Théodoric (493-526). Pendant son règne, la ville a été le plus important centre militaire du règne et le siège favori du roi, qui l’a rénovée et embellie. Des palais, des porches, des thermes ont été bâtis, les murs, qui avaient été détruits par les incursions barbares précédentes, ont été reconstruits. Par la suite, Vérone a été conquise par les Lombards, qui étaient descendus en Italie en 568 apr. J.-C. guidés par le roi Alboïn. Selon l’historien Paul Diacre, en 572 la reine Rosemonde s’était alliée avec les ennemis du roi, en montant une conjuration contre son propre mari, le roi Alboïn. Une tradition très connue raconte que, du fait que le roi avait forcé Rosemonde à boire dans une coupe faite avec le crâne de son père tué, elle avait décidé de se venger à tous prix en parvenant à faire tuer Alboïn.
    La maison de Juliette
    Au numéro 23 de via Cappello, pas loin de Piazza delle Erbe, se trouve un bâtiment datant du XIIIe siècle, qui a été la propriété de la famille Dal Cappello pendant longtemps; la ressemblance du nom (Cappello, Capulet) n’a fait que renforcer la légende et la croyance populaire qui l’avait identifiée comme la maison natale de Juliette Capulet dans la tragédie de Shakespeare. Dans la maison sont conservés des meubles et des costumes utilisés dans le célèbre film Roméo et Juliette tourné par Franco Zeffirelli en 1968, des poteries d’époque médiévale et de la première Renaissance provenant de la région de Vérone et une collection de gravures représentant des scènes inspirées par la tragique histoire des deux amants.
    Le congrès de la Sainte-Alliance à Vérone en 1822
    Après la défaite de Napoléon Bonaparte en 1814, Vérone était devenue une ville de l’Empire autrichien. Le nouvel empereur François Ier d’Habsbourg a été bien accueilli par la population éprouvée par des décennies de guerres et de répressions, et il a voulu que le Congrès de la Sainte-Alliance (9-14 octobre 1822) eût lieu à Vérone. Les souverains, les princes et les ambassadeurs des nations européennes les plus puissantes sont arrivés dans la ville et ils ont logés dans les palais de Vérone; la ville a connu, quoique brièvement, l’atmosphère d’une grande capitale. Pour l’occasion, un spectacle avait été organisé dans l’amphithéâtre des Arènes avec la participation de Gioacchino Rossini, qui a dirigé une chorale en l’honneur de la Sainte-Alliance.
    Les Arènes de Vérone: des combats des gladiateurs aux défis des ténors
    L’inauguration de l’amphithéâtre à plan elliptique a eu lieu autour de l’an 30 apr. J.-C. Dans les siècles de l’Haut Moyen Âge, les «duels judiciaires» avaient lieu dans les Arènes. Ils reflétaient l’ancienne tradition de l’ordalie d’origine germanique: une pratique juridique selon laquelle l’innocence ou la culpabilité de l’accusé étaient déterminées en le soumettant à une épreuve ou un duel. La détermination de l’innocence découlait de l’achèvement de l’épreuve sans dommage, ou de la victoire dans le duel. Aujourd’hui, l’amphithéâtre accueille un festival d’opéra et des événements musicaux avec des protagonistes de renommée mondiale.
    Protagonisti
    Cangrande Ier della Scala

    Cangrande Ier della Scala (Vérone, 9 mars 1291 – Trévise, 22 juillet 1329)

    Une chronique de la ville le décrit «de taille grande et belle, agréable à tous, de manières et d’élocution aimable et courageux dans les batailles». Magnanime avec les ennemis, généreux mécène, les hommes de lettres de l’époque en ont transmis et consacré la renommée de prince audacieux, fort et en même temps bienveillant. Même si Cangrande, champion du monde gibelin du XIVe siècle, a été un tyran pour les guelfes, les poètes italiens les plus illustres ont reconnu sa générosité d’esprit. Il n’a pas eu d’héritiers légitimes directs de sa femme Jeanne de Suède, fille de Conrad d’Antioche, mais de nombreux descendants illégitimes. Son père, Alberto Ier della Scala, avait choisi son nom – Cane Francesco ou Canfrancesco dit «Canis magnus» -, en pensant peut-être au Grand Khan du Livre des Merveilles de Marco Polo. Il faut rappeler aussi que dans l’héraldique médiévale le chien était un animal avec des qualités très positives, comme la noblesse, la fidélité, la fierté et l’élégance.

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Vérone et… les Lombards en Italie”]
    Vérone a été l’une des premières villes à tomber sous la domination des Lombards, après Cividale del Friuli. Cette ville, qui autrefois avait été le centre du royaume des Ostrogoths de Théodoric, fut choisie comme quartier général par le roi et le condottiere lombard Alboïn et elle a continué à être l’un des principaux centres du pouvoir de la Lombardie Majeure, à savoir la partie nord des possessions lombardes en Italie.[/expand] [learn_more caption=”Vérone et… Venise”] Le peintre Paolo Caliari, mieux connu comme Véronèse, est né en 1528 et a été formé dans la ville de Vérone: il a fait son apprentissage dans l’atelier d’Antonio Badile, mais le style talentueux de Véronèse était dû principalement à la relation que le jeune Paolo avait avec l’architecte Michele Sanmicheli, qui lui avait transmis l’influence du maniérisme de matrice toscane-romaine. Véronèse a vécu et travaillé à Venise à partir de 1556, et il a laissé une marque illustre de génie artistique exceptionnel sur la Renaissance. Même dans la lagune, le génie de Véronèse a été caractérisé par une identité artistique « différente», «étrangère» dans un certain sens et cela est évident, par exemple, dans le traitement des couleurs qu’il utilise pour ses œuvres, qui est différent par rapport à la tradition vénitienne native: Véronèse ne fait jamais sienne la peinture tonale (caractéristique fondamentale de la peinture vénitienne de l’époque qui prévoyait une sensibilité de couleur particulière), mais il préfère utiliser des couleurs nettes et vives, avec des aplats bien définis et caractérisés.[/expand]
    Glossario
    Glossario

    Municipium, n.m., par le terme de «municipe (en latin mūnĭcĭpĭum)» on désignait dans la Rome ancienne et, en particulier, dans la Rome républicaine, une collectivité locale liée à Rome. Le municipium conservait un certain degré d’autonomie avec ses magistrats et ses institutions, mais sans le droit de vote des citoyens romains.

    quadrilatère, n.m., figure géométrique plane à quatre côtés, quadrangulaire. Tiré du domaine mathématique et géométrique, ce mot est utilisé dans l’historiographie pour désigner le système de défense des autrichiens conçu par le maréchal Joseph Radetzky, gouverneur du Royaume Lombardo-Vénitien. Le Quadrilatère était formé par les forteresses de Vérone, Mantoue, Peschiera et Legnago; Vérone y acquittait les fonctions logistiques.

    pépinière, n.f., terrain où l’on fait pousser de jeunes végétaux destinés à être repiqués. Dans un sens figuré, ce mot est utilisé pour des lieux qui ont une forte puissance créatrice, où des esprits hautement productifs travaillent et sont formés.

    conjuration, n.f., entreprise concertée secrètement, complot, conspiration.

    elliptique, adj., ovale, ovoïde.

    magnanime, adj., (du latin magnus, grand, noble) qui a de la grandeur d’âme. Être magnanime signifie également avoir de la générosité, de l’indulgence, de la compréhension, de la sagesse.

     

Iscrizione UNESCO

2000, Cairns, Australie, 24e session du Comité

Site culturel

Antiquité, Moyen âge, Renaissance, Époque moderne, Contemporaine

Italie du Nord Est, région de Veneto

 

Criteri di Iscrizione

Critère (ii): Par sa structure urbaine et son architecture, Vérone est un exemple exceptionnel de ville qui s’est développée progressivement et sans interruption sur 2 000 ans, intégrant des éléments artistiques de la plus haute qualité aux différentes périodes qui se sont succédées.

Critère (iv): Vérone illustre d’une manière exceptionnelle le concept de la ville fortifiée à plusieurs étapes déterminantes de l’histoire européenne.

[learn_more caption=”Intégrité”]

La ville historique de Vérone abrite aujourd’hui des éléments représentant ses 2 000 ans d’histoire: la période romaine, la période romane, le Moyen Âge et la Renaissance, qui sont demeurés intacts jusqu’au XIXe siècle. Les murs entourant la ville firent obstacle aux développements du XIXe siècle, comme la création d’industries et de chemins de fer, dans la ville historique. En conséquence, la structure présente une cohérence exceptionnelle et un degré d’homogénéité élevé. Bien que les bâtiments de Vérone aient subi d’importants dégâts pendant la Seconde Guerre mondiale, le plan de reconstruction d’après-guerre (1946) a maintenu la structure d’origine de la ville et le processus de reconstruction fut mené à bien avec un soin extrême. Le rôle du professeur Piero Gazzola, premier président de l’ICOMOS et responsable du patrimoine de Vérone, fut déterminant dans le déroulement de ce processus. Il fut également chargé de la reconstruction du pont romain. Peu de menaces pèsent sur la ville historique. Jusqu’au XIXe siècle, les crues du fleuve se produisaient couramment, mais les mesures mises en place à cette époque ont maintenu ce risque sous contrôle. La ville est classée dans la catégorie «à faible risque» d’activité sismique. De plus, le tourisme est géré de manière à contrôler le risque qu’il pourrait faire peser sur les ressources historiques.[/expand] [learn_more caption=”Authenticité”]

Le degré d’authenticité de la ville de Vérone est élevé. La ville actuelle est un établissement urbain sur le fleuve Adige depuis plus de 2 000 ans. La forme originelle de la ville romaine reste évidente dans le réseau de rues existant et le tissu historique de la ville est resté intact jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En ce qui concerne la ville fortifiée, le système de défense a été bien préservé grâce à son utilisation militaire continue dans le temps. Des témoignages subsistant de la ville fortifiée, comme les portes romaines et les bastions de la Renaissance, illustrent cette longue histoire militaire. Les interventions de restauration architecturale et urbaine effectuées après la Seconde Guerre mondiale se fondèrent sur le principe de restauration établi, une spécificité de la tradition italienne, remontant au milieu du XIXe siècle, qui a toujours mis au premier plan le respect des témoignages historiques et matériels. En particulier, ce principe vise à préserver dans leur état intact la structure urbaine et les bâtiments et à créer une continuité en incorporant soigneusement les zones détruites dans le schéma urbain, tout en respectant les critères de restauration urbaine. La reconstruction du pont romain, par exemple, s’est appuyée sur une documentation soignée et la réutilisation de matériaux d’origine.[/expand] Estensione del bene

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