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Les trulli d’Alberobello

Illustrazione Elena Prette

Dichiarazione di Eccezionale Valore Universale

Les trulli, habitations en pierre calcaire typiques d’Alberobello dans la région des Pouilles dans le sud de l’Italie, sont des exemples remarquables de constructions en pierre sèche en encorbellement, technique de construction héritée de la préhistoire et toujours en usage dans cette région. Ces structures, qui remontent au milieu du 16e siècle, se composent de façon caractéristique de toits pyramidaux, sphériques ou coniques recouverts de plaques de calcaire en encorbellement. Bien que des trulli soient disséminés tout au long de la vallée de l’Itria, les concentrations les plus élevées et les exemples les mieux préservés de cette forme architecturale se rencontrent dans la ville d’Alberobello, où l’on en compte plus de 1500 dans les quartiers (rioni) de Monti et d’Aia Piccola. Le bien se compose de six parcelles s’étirant sur une superficie de 11 hectares. Ces parcelles englobent deux quartiers de la ville (le rione Monti avec 1030 trulli et le rione Aia Piccola avec 590 trulli) et quatre sites spécifiques (Casa d’Amore, Piazza del Mercato, Museo Storico et Trullo Sovrano). L’étendue et l’homogénéité de ces zones, la persistance de techniques de construction traditionnelles, de même que le fait que les trulli soient toujours habités, font de ce bien un paysage urbain historique exceptionnel. Les trulli (trullo au singulier) sont des huttes en pierre sèche traditionnelles, surmontées d’un toit en encorbellement. Leur style de construction est spécifique à la vallée de l’Itria, dans la région des Pouilles. Les trulli ont en général été construits comme des abris temporaires, des entrepôts ou des habitations permanentes, par de petits propriétaires terriens ou des travailleurs agricoles. Ces édifices ont été construits avec des galets de calcaire grossièrement travaillés, récupérés lors du creusement de réservoirs souterrains ou dans les champs et affleurements rocheux voisins. Les édifices sont typiquement de forme rectangulaire avec un toit en encorbellement conique. Les murs chaulés des trulli sont construits directement sur la roche calcaire, selon la technique de la pierre sèche (sans utilisation de mortier ni de ciment). Percés d’une porte et de petites fenêtres, ces murs sont doubles avec un cœur de blocaille. Foyers et alcôves sont pris dans leur épaisseur. Les toitures, qui sont également doubles, se composent d’un dôme intérieur de pierres taillées en coin (utilisées dans la construction d’une arche ou d’une voûte) recouvert de pierres de couverture et d’un cône extérieur étanche en dalles de pierre à chaux en encorbellement, appelées chianche ou chiancarelle. Le toit repose directement sur les murs à l’aide de simples trompes (voûtes d’angle) permettant de passer de la structure rectangulaire des murs aux sections circulaires ou ovales des toits. Les toits des habitations portent souvent des marques mythologiques ou religieuses en cendre blanche et se terminent par un pinacle décoratif destiné à repousser les maléfices ou le mauvais sort. L’eau est collectée au moyen d’avant-toits saillants et guidée, par l’intermédiaire de pierres creusées en gouttière, vers une citerne sous la maison. D’étroits escaliers en pierre permettent d’accéder aux toits. Les trulli d’Alberobello représentent une tradition de construction en pierre sèche, vieille de plusieurs milliers d’années, que l’on trouve dans toute la région méditerranéenne. De petits campements ruraux éparpillés étaient présents dans les environs de l’Alberobello actuel il y a environ mille ans (an 1000). Ils ont peu à peu évolué pour former les villages devenus plus tard les quartiers d’Aia Piccola et de Monti. Au milieu du 16e siècle, la région d’Alberobello fut donnée au premier comte de Conversano par Robert d’Anjou, Prince de Tarente, en remerciement des services rendus pendant les Croisades. Si vers le milieu du 16e siècle le quartier de Monti comptait quelques quarante trulli, ce fut en 1620 que la colonie commença à se développer, lorsque le comte de l’époque, Gian Girolamo Guercio, ordonna la construction d’une boulangerie, d’un moulin et d’une auberge. À la fin du 18e siècle, la communauté comptait plus de 3500 personnes. En 1797, le régime féodal prit fin, le nom d’Alberobello fut adopté, et Ferdinand IV, roi Bourbon de Naples, lui accorda le statut de ville royale. À partir de cette époque, la construction de nouveaux trulli déclina. Entre 1909 et 1936, des secteurs d’Alberobello furent protégés en étant désignés monuments historiques.

  • Valore UNESCO

    Avec leur forme inimitable – base centrale blanche et toit conique gris – les Trulli possèdent une très grande valeur culturelle et sont uniques en Europe: les Trulli sont un exemple de construction architectonique préhistorique qui a survécu au temps et est utilisée encore de nos jours.

    Un trésor de la tradition venant de la Vallée d’Itria

    L’endroit connu aujourd’hui comme Alberobello acquiert ce toponyme pendant le Moyen-Âge, du latin sylva arboris belli, nom lié à une bataille ou à une embuscade ayant eu lieu dans la région. Les premiers exemples de constructions sur le modèle du tholos (petite tombe couverte circulaire) remontent à un village protohistorique et peu connu, à partir duquel l’architecture du trullo a commencé à se développer au cours des siècles. C’est au XIe siècle que se forment les zones habitées de Aja Piccola et Monti qui au cours des siècles ont intégré l’agglomération plus importante d’Alberobello. Alberobello fut un fief appartenant à la famille Acquaviva jusqu’en 1797, lorsque ce petit centre urbain, selon la volonté de la communauté qui comptait déjà plus de 3 500 habitants, obtint le titre de véritable ville de la part du roi de Naples Ferdinand IV. C’est ici qu’a eu lieu la construction à grande échelle des Trulli, raison pour laquelle elle porte à juste titre le nom de « ville des Trulli »: il y en a plus de 1 600, dont environ 1 030 à Aja Piccola et environ 590 à Monti.

    Le Trullo: le lien entre architecture et environnement

    Tel un grand tableau vivant, les Trulli trouvent leur place dans le contexte naturel et donnent lieu à un paysage d’une beauté remarquable qui aujourd’hui sert aussi d’exemple dans le domaine de la durabilité environnementale. La méthode généralement utilisée est la construction des murs à sec, c’est-à-dire sans mortier. Les Trulli furent notamment bâtis directement sur la roche nue naturelle sous-jacente,  en utilisant comme matières premières les pierres calcaires ramassées dans les champs voisins et dans les bassins d’eau de la région. Le charme de ces habitations au plan carré et toit conique, toujours utilisées et fonctionnelles au quotidien, provient aussi bien de leur aspect extérieur que de la distribution des espaces intérieurs. Les murs sont doubles et créent des pièces rectangulaires avec des petites fenêtres. Les petites cheminées, les fours, les niches et les alcôves sont tous encastrés dans l’épaisseur des murs, et le sommet du toit, fabriqué avec des couches de pierre grise appelées chianche o chiancarelle, est généralement orné d’un pinacle décoratif apotropaïque et porte-bonheur (par exemple pour une bonne récolte), témoin d’une époque où il existait un lien symbolique entre l’homme et la nature, une communication non verbale faite de gestes et de rituels. Au premier abord, la chose la plus frappante est la façon dont le gris de la pierre découpe le ciel bleu typique de cette région des Pouilles, un contraste enrichi également par les nuances de la terre rouge des Murges: impossible de ne pas saisir le caractère exceptionnel de ces constructions et de résister à la curiosité d’observer l’intérieur de l’une d’entre elles. La curiosité pousse aussi à découvrir les sensations que l’on éprouve depuis l’intérieur de la petite coupole qui, d’une part semble reproduire l’arrondi de la voûte céleste et d’autre part évoque le foyer domestique, l’intime havre que depuis des siècles l’homme appelle maison.

    Per saperne di più
    Les toits des Trulli

    Le pinacle est un élément de décoration positionné sur la pointe du cône et représente l’unique détail variable de ces constructions uniformes et dépourvues d’ornements. C’est ici que le maître constructeur de trulli exprime son habileté à travailler la pierre. Cet élément s’avère donc être la « marque de qualité » de l’habitation depuis que les maîtres-ouvriers les plus experts sont à même de produire des formes plus complexes (telles que l’étoile, la pyramide et la croix) ainsi que de meilleurs encastrements en phase de construction et par conséquent une structure plus stable et résistante. En revanche, les formes simples telles que le disque et l’assiette témoignent d’un savoir-faire certes plus basique. Tout cela signifie que plus les maîtres-ouvriers étaient habiles, plus les coûts augmentaient et plus la famille qui pouvait se permettre ce type de travail était aisée. Le pinacle devient alors un signe distinctif de classe sociale, soulignant plutôt une pauvreté plus faible qu’une plus grande richesse. Le symbole, peint avec du blanc de chaux sur le revêtement externe de la toiture, a une valeur historique encore plus ancienne que le Trullo en soi, mais est plus lié à l’histoire de la ville voisine d’Ostuni qu’à l’origine d’Alberobello. La symbolique en question renvoie à des cultes différents: au christianisme, au judaïsme, au paganisme, mais la valeur avec laquelle ces signes sont interprétés par la communauté est complètement différente. Historiquement, il est établi que jusqu’en 1934 à Alberobello il n’y avait jamais eu de symboles sur les Trulli et que « le symbole n’appartenait pas à la tradition du Trullo d’Alberello » (Pietro Lippolis). En 1897, en effet, dans la publication Une ville singulière – Alberobello de Cosimo Bertacchi, apparaît une vue panoramique du Rione Monti, l’un des plus anciens documents photographiques d’Alberobello, sans traces de symboles sur la toiture. Un moment historique s’avèrera particulièrement  déterminant pour la diffusion de cette symbolique,  il s’agit de septembre 1934, lorsque le Comité du Tourisme de la province de Bari, en vue d’une possible visite du Duce lors de son voyage dans les Pouilles pour l’inauguration de la 5ème Fiera del Levante, ordonne que les symboles soient peints sur les Trulli. Compte tenu de la réalité sociale dans laquelle se développe Alberobello, caractérisée par un profond isolement culturel, la symbolique est fortement associée à une superstition: selon la croyance populaire le signe, transmis de génération en génération, devient porteur de fertilité, protection et amour au sein de l’habitation et du noyau familial. Au fil du temps les deux langages ont acquis une valeur civique: l’union du symbole et du pinacle identifie l’habitation et, de ce fait, la famille qui y vit.

    L’émancipation de l’esclavage féodal après la domination de la famille Acquaviva

    Le 22 juin 1797, à ciel ouvert, réuni sous le grand arbre à côté de l’église, le peuple élut son premier maire, Francesco Lippolis, et choisit officiellement le nom de sa ville. Certains auraient proposé Ferdinandia en guise de gratitude envers le Roi Ferdinand qui les avait libérés de l’emprise féodale, mais la majorité de ce nouveau petit parlement opta de façon définitive pour Alberobello. Le blason de la commune représente un chêne (arbre typique de la région) sous lequel un cavalier armé d’une lance combat un lion: la force et le courage de la liberté contre la coercition de la domination. Deux colombes, symbole de paix et amour, se trouvent au sommet du chêne.

    Protagonisti
    [learn_more caption=”Gian Girolamo II Acquaviva d’Aragona, Conte de Conversano”]

    Gian Girolamo II Acquaviva d’Aragona, Conte de Conversano contribua de façon importante au développement de l’agglomération urbaine d’Alberobello. Il avait pour habitude de passer certaines périodes de l’année dans cette région et, en 1620, il ordonna la construction d’autres Trulli dans la région de Monti, qui en contait déjà près de 40, d’un moulin, de la boulangerie et de l’auberge. Le fait d’avoir pris cette initiative sans la permission officielle du roi d’Espagne et d’avoir dérogé à la loi qui prévoyait un hommage pour la création de nouveaux centres urbains, valut à Gian Girolamo d’être emprisonné en 1643 et transféré à Naples.[/expand]

    Testimonianze d’autore
    Testimonianze

      “E dovunque muri e muretti, non dieci, non venti, ma più, molti di più, allineati sui fianchi di ogni rilievo, orizzontalmente, a distanza anche di pochi metri, per contenere il terreno, per raccoglierne e reggerne un po’ tra tanto calcare. Mi chiederai come ha fatto tanta gente a scavare ed allineare tanta pietra. Io penso che la cosa avrebbe spaventato un popolo di giganti. Questa è la Murgia più aspra e sassosa; […] non ci voleva meno che la laboriosità d’un popolo di formiche.”

    Tommaso Fiore, 1952, Un popolo di formiche

     

     

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Les Trulli d’Alberobello et… les Nuraghes de Barumini”]

    En Sardaigne, cet exemple exceptionnel de construction défensive remontant à l’Âge du Bronze (environ deux mille ans avant Jésus Christ) est unique au monde. Les Nuraghes de Barumini sont une formidable expression des talents de l’homme qui interagit avec l’environnement dans lequel il s’installe: tout comme les Trulli d’Alberobello, ces constructions témoignent de l’habilité technique de l’homme préhistorique à utiliser les matériaux locaux.[/expand]

    Note bibliografiche
    Bibliografia

    I. Santori, I trulli di Alberobello, Libreria dello Stato, Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato, Roma, 2003

    O. Sisto, G. Angiulli, Alberobello, la città dei Trulli, Tip. De Robertis, Putignano, 1961

  • Valore UNESCO

    Avec leur forme inimitable – base centrale blanche et toit conique gris – les Trulli possèdent une très grande valeur culturelle et sont uniques en Europe: les Trulli sont un exemple de construction architectonique préhistorique qui a survécu au temps et est utilisée encore de nos jours.

    Un trésor de la tradition venant de la Vallée d’Itria

    L’endroit connu aujourd’hui comme Alberobello acquiert ce toponyme pendant le Moyen-Âge, du latin sylva arboris belli, bois de l’arbre de la guerre, nom lié à une bataille ou à une embuscade ayant eu lieu dans la région. Les premiers exemples de constructions sur le modèle du tholos (petite tombe couverte circulaire) remontent à un village protohistorique et peu connu, à partir duquel l’architecture du trullo a commencé à se développer au cours des siècles. C’est au XIe siècle que se forment les zones habitées de Aja Piccola et Monti qui au cours des siècles ont intégré l’agglomération plus importante d’Alberobello. Alberobello fut un fief appartenant à la famille Acquaviva jusqu’en 1797, lorsque ce petit centre urbain, selon la volonté de la communauté qui comptait déjà plus de 3500 habitants, obtint le titre de véritable ville de la part du roi de Naples Ferdinand IV. C’est ici qu’a eu lieu la construction à grande échelle des Trulli, raison pour laquelle elle porte à juste titre le nom de « ville des Trulli »: il y en a plus de 1600, dont environ 1030 à Aja Piccola et environ 590 à Monti.

    Le Trullo: le lien entre architecture et environnement

    Les Trulli trouvent leur place dans le contexte naturel et donnent lieu à un paysage d’une beauté remarquable qui aujourd’hui sert aussi d’exemple dans le domaine de la durabilité environnementale. La méthode généralement utilisée est la construction des murs à sec, c’est-à-dire sans mortier. Les Trulli furent notamment bâtis directement sur la roche nue naturelle sous-jacente,  en utilisant comme matières premières les pierres calcaires ramassées dans les champs voisins et dans les bassins d’eau de la région. Le charme de ces habitations au plan carré et toit conique, toujours utilisées et fonctionnelles au quotidien, provient aussi bien de leur aspect extérieur que de la distribution des espaces intérieurs. Les murs sont doubles et créent des pièces rectangulaires avec des petites fenêtres, fraiches en hiver et chaudes l’été. Les petites cheminées, les fours, les niches et les alcôves sont tous encastrés dans l’épaisseur des murs, et le sommet du toit, fabriqué avec des couches de pierre grise appelées chianche o chiancarelle, est généralement orné d’un pinacle décoratif apotropaïque et porte-bonheur (par exemple pour une bonne récolte), témoin d’une époque où il existait un lien symbolique entre l’homme et la nature, une communication non verbale faite de gestes et de rituels.

    Per saperne di più
    Les toits des Trulli

    Le pinacle est un élément de décoration positionné sur la pointe du cône et représente l’unique détail variable de ces constructions uniformes et dépourvues d’ornements. C’est ici que le maître constructeur de trulli exprime son habileté à travailler la pierre. Cet élément s’avère donc être la « marque de qualité » de l’habitation depuis que les maîtres-ouvriers les plus experts sont à même de produire des formes plus complexes (telles que l’étoile, la pyramide et la croix) ainsi que de meilleurs encastrements en phase de construction et par conséquent une structure plus stable et résistante. En revanche, les formes simples telles que le disque et l’assiette témoignent d’un savoir-faire certes plus basique. Tout cela signifie que plus les maîtres-ouvriers étaient habiles, plus les coûts augmentaient et plus la famille qui pouvait se permettre ce type de travail était aisée. Le pinacle devient alors un signe distinctif de classe sociale, soulignant plutôt une pauvreté plus faible qu’une plus grande richesse. Le symbole, peint avec du blanc de chaux sur le revêtement externe de la toiture, a une valeur historique encore plus ancienne que le Trullo en soi, mais est plus lié à l’histoire de la ville voisine d’Ostuni qu’à l’origine d’Alberobello. La symbolique en question renvoie à des cultes différents: au christianisme, au judaïsme, au paganisme, mais la valeur avec laquelle ces signes sont interprétés par la communauté est complètement différente. Historiquement, il est établi que jusqu’en 1934 à Alberobello il n’y avait jamais eu de symboles sur les Trulli et que « le symbole n’appartenait pas à la tradition du Trullo d’Alberello » (Pietro Lippolis). En 1897, en effet, dans la publication Une ville singulière – Alberobello de Cosimo Bertacchi, apparaît une vue panoramique du Rione Monti, l’un des plus anciens documents photographiques d’Alberobello, sans traces de symboles sur la toiture. Un moment historique s’avèrera particulièrement  déterminant pour la diffusion de cette symbolique,  il s’agit de septembre 1934, lorsque le Comité du Tourisme de la province de Bari, en vue d’une possible visite du Duce lors de son voyage dans les Pouilles pour l’inauguration de la 5ème Fiera del Levante, ordonne que les symboles soient peints sur les Trulli.  Compte tenu de la réalité sociale dans laquelle se développe Alberobello, caractérisée par un profond isolement culturel, la symbolique est fortement associée à une superstition: selon la croyance populaire le signe, transmis de génération en génération, devient porteur de fertilité, protection et amour au sein de l’habitation et du noyau familial.  Au fil du temps les deux langages ont acquis une valeur civique: l’union du symbole et du pinacle identifie l’habitation et, de ce fait, la famille qui y vit.

    L’émancipation de l’esclavage féodal après la domination de la famille Acquaviva

    Le 22 juin 1797, à ciel ouvert, réuni sous le grand arbre à côté de l’église, le peuple élut son premier maire, Francesco Lippolis, et choisit officiellement le nom de sa ville. Certains auraient proposé Ferdinandia en guise de gratitude envers le roi Ferdinand qui les avait libérés de l’emprise féodale, mais la majorité de ce nouveau petit parlement opta de façon définitive pour Alberobello. Le blason de la commune représente un chêne (arbre typique de la région) sous lequel un cavalier armé d’une lance combat un lion: la force et le courage de la liberté contre la coercition de la domination. Deux colombes, symbole de paix et amour, se trouvent au sommet du chêne.

    Protagonisti
    [learn_more caption=”Gian Girolamo II Acquaviva d’Aragona, Conte de Conversano”]

    Gian Girolamo II Acquaviva d’Aragona, Conte de Conversano contribua de façon importante au développement de l’agglomération urbaine d’Alberobello. Il avait pour habitude d’y passer certaines périodes de l’année et en 1620 il ordonna la construction d’autres Trulli dans la région de Monti, qui en contait déjà près de 40, d’un moulin, de la boulangerie et de l’auberge. Le fait d’avoir pris cette initiative sans la permission officielle du roi d’Espagne et d’avoir dérogé à la loi qui prévoyait un hommage pour la création de nouveaux centres urbains, valut à Gian Girolamo d’être emprisonné en 1643 et transféré à Naples.[/expand]

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Les Trulli d’Alberobello et… les Nuraghes de Barumini”]

    En Sardaigne, cet exemple exceptionnel de construction défensive remontant à l’Âge du Bronze (environ deux mille ans avant Jésus Christ) est unique au monde. Les Nuraghes de Barumini sont une formidable expression des talents de l’homme qui interagit avec l’environnement dans lequel il s’installe: tout comme les Trulli d’Alberobello, ces constructions témoignent de l’habilité technique de l’homme préhistorique à utiliser les matériaux locaux.[/expand]

    Glossario
    Glossario

    toponyme, vient du grec tòpos, lieu et ònoma, nom; nom propre d’un lieu, d’une ville, d’un fleuve, d’un mont, …

    protohistorique, adj., période indiquant la phase qui précède l’histoire, concernant une civilisation ou un peuple.

    durabilité environnementale, dérive de « respectueux de l’environnement » : se dit d’une action ou activité qui est durable du point de vue écologique, c’est-à-dire qui ne porte pas préjudice à l’environnement et qui peut être poursuivie (« durer ») indéfiniment.

    apotropaïque, adj., qui a la capacité d’éloigner le mal, terme faisant généralement référence aux objets, animaux ou formules et rituels magiques; magique, qui porte chance.

    émancipation, n.f., libération, affranchissement.

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Iscrizione UNESCO

1996, Merida, Mexico, 20e session du Comité

Site culturel

Préhistoire, Moyen âge, Époque moderne

Italie du Sud, région des Pouilles, Province de Bari

Criteri di Iscrizione

Critère (iii): les trulli d’Alberobello illustrent l’utilisation prolongée de constructions en pierre sèche, technique vieille de plusieurs milliers d’années dans la région méditerranéenne.

Critère (iv): les trulli d’Alberobello constituent un exemple exceptionnel d’un ensemble architectural vernaculaire qui survit au sein d’un contexte de paysage urbain historique.

Critère (v): les trulli d’Alberobello constituent un exemple exceptionnel d’un établissement humain qui conserve sa forme originale de façon remarquable.

Intégrité

Ce bien de 11 hectares est réparti en six parcelles distinctes et dispose de tous les éléments nécessaires à la compréhension de la forme, de la configuration et des matériaux des trulli qui en composent la valeur universelle exceptionnelle, en regroupant deux quartiers de la ville dominés par des trulli et des structures remarquable de même type: le Trullo Savrano, exemple rare d’édifice à deux étages; la Piazza del Mercato, marché historique reliant les quartiers de Monti et d’Aia Piccola; la Casa d’Amore, reconvertie en centre d’information touristique; et le Museo Storico, complexe muséal restauré. L’intégrité du bien est manifeste dans l’état de conservation de bon nombre des trulli et dans le travail original des pierres qui nous est parvenu, caractéristique de ces structures bâties. L’intégrité des structures est visible dans le nombre d’habitations encore debout et largement originales (plus de 1600), dans l’agencement bien préservé des deux quartiers au sein desquels on trouve les concentrations les plus élevées de trulli et dans le cadre paysager urbain d’Alberobello, entouré d’une campagne agricole. Le bien n’a pas de zone tampon définie, et son cadre urbain et rural est sensible aux pressions du développement urbain.

Authenticité

Compte tenu de la simplicité de conception et de construction des trulli, il a été possible de garder intactes leur forme et décoration d’origine. Les dispositions du plan général pour l’habitat de la ville permettent de prévenir les ajouts ou modifications inappropriés aux édifices historiques. Seul un badigeon de chaux, matériau traditionnel, est utilisé pour la décoration extérieure. Tandis que le tissu urbain dans son ensemble a survécu à un degré remarquable, il y a eu perte d’authenticité, dans une certaine mesure, pour les édifices individuels. Les trulli d’Alberobello, en tant qu’ensemble architectural urbain historique, sont bien préservés et authentiques dans leur forme et plan, matériaux, cadre, et esprit et expression. Les matériaux des trulli, ainsi que leur originalité de forme, simplicité de conception, nombre, homogénéité et étendue, en font un groupe distinctif et clairement reconnaissable. Le bien inclut de remarquables exemples de trulli (comme le Trullo Savrano) et plus de 1600 habitations de ce style. La pierre calcaire des trulli et le badigeon de chaux utilisé pour peindre les murs sont à l’image de la géologie locale et du cadre paysager. Les deux quartiers de plus de 1600 trulli sont authentiques au regard de leur emplacement urbain en coteau, du tracé de leurs rues et de leurs lignes d’horizon, caractérisées par des toits coniques de pierres en encorbellement avec pinacles décoratifs et marquages. Un rapport sur l’état de conservation de 2007 pour les trulli d’Alberobello note que l’authenticité est mise à mal en ce qui concerne les habitations. En 2007, 30% des trulli avaient une finalité commerciale (essentiellement comme hébergement touristique), 40% étaient abandonnés et 30% étaient utilisés à des fins résidentielles (surtout dans le rione d’Aia Piccola). À cette époque, il a été admis que l’utilisation résidentielle allait continuer à décliner. Les menaces potentielles pour l’authenticité du bien sont l’abandon des trulli, les coûts associés à une réutilisation adaptive des trulli abandonnés, une certaine indifférence à l’égard des règlements de construction (notamment vis-à-vis des portes et fenêtres) et l’impact du tourisme (et en particulier le nombre de visiteurs en haute saison et son impact sur l’expérience des visiteurs). Malgré les menaces que développement urbain et activité touristique en hausse font peser sur le bien, ce dernier conserve un niveau élevé d’authenticité et de crédibilité vis-à-vis de l’expression de sa valeur universelle exceptionnelle.

Estensione del bene

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