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Les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera

Illustrazione Elena Prette

Dichiarazione di Eccezionale Valore Universale

Situés dans la région de Basilicate dans l’Italie du sud, les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera comprennent un ensemble de maisons, d’églises, de monastères et d’ermitages construits dans les grottes naturelles de la Murgia. Couvrant une superficie de 1.016 ha, cet établissement troglodyte remarquable et intact abrite plus d’un millier d’habitations et un grand nombre de magasins et d’ateliers. Le bien qui fut d’abord occupé à l’époque paléolithique montre des traces d’occupation humaine continue sur plusieurs millénaires jusqu’à nos jours et est harmonieusement intégré dans son terrain naturel et son écosystème. Le site est composé des anciens districts de la ville de Matera and du parc d’églises rupestres qui s’étendent sur la Murgia, un haut plateau calcaire caractérisé par des failles profondes, des ravins, des rochers et des grottes. La morphologie du territoire, se distinguant par ses gorges profondes (gravine) et ses hauts plateaux dénudés, intégrant d’anciennes églises dans des rochers, des sentiers de bergers repérés par des puits et des fermes fortifiées, forme un des paysages les plus évocateurs de la Méditerranée. Le site fut d’abord occupé du Paléolithique jusqu’au Néolithique, l’utilisation des grottes naturelles s’intensifiant à partir du VIIIe siècle, lorsque la ville commença à dépasser les limites de ses murs défensifs datant de l’époque romaine et construits tout autour de la partie de la ville appelée Civita, qui fut son premier noyau habité. Les maisons primitives de l’établissement étaient de simples grottes entourées d’un mur fait de blocs extraits des deux grabiglioni, Sasso Caveoso et Sasso Barisano. Une cathédrale romane fut édifiée sur laCivita entre les deux Sassi au XIIIe siècle. Le centre historique maintient la distinction entre ces deux districts, le Barisano et le Caveoso, et comprend également le district de Casalnuovo du XVe siècle et la colonne vertébrale de la ville aux XVIIe-XVIIIe siècles appelée le «Piano».

  • Valore UNESCO

    Matera est une ville millénaire creusée et construite dans la roche ductile de la Murgia. Elle fut réalisée il y a 100.000 ans et elle fait partie des villes les plus anciennes du monde. Matera, la ville des Sassi (pierres), fut occupée à partir de la Préhistoire, quand elle était un village rupestre, et les gens vivaient dans des grottes: un nouveau modèle de bâtiment qui fut utilisé pendant des siècles et qui fut caractérisé par une harmonieuse compénétration entre l’intervention humaine et l’écosystème existant. La partie la plus ancienne de la ville est appelée Civita et, avec la zone de Sasso Barisano et celle de Sasso Caveoso, forment la ville historique. Pendant le Moyen Âge, Matera développa son aspect typique et elle devint l’exemple d’un tissu urbain rupestre original. Dans ce contexte, les nombreuses églises rupestres accueillent des témoignages de l’art sacré byzantine et du monachisme médiéval.

    L’homme et l’environnement: la tradition millénaire de la vie dans les grottes

    Rochers, cryptes, carrières et grottes: voilà les mots clés de l’extraordinaire dédale formé par les Sassi de Matera. Au sein d’un environnement naturel où les cours d’eau et les agents atmosphériques modelèrent des ravins, des failles profondes et des gorges dans les rochers friables de la Murgia, l’homme choisit de vivre dans des grottes afin de satisfaire la nécessité d’un abri et d’une maison, afin de se défendre des ennemis et des pilleurs. Il s’agit du témoignage de la parfaite compénétration entre l’activité humaine et l’environnement, de la parfaite exploitation des conditions géomorphologiques particulières et de l’espace.  La présence de l’homme se mélangea de façon harmonieuse avec l’environnement sauvage et il sut transformer les grottes naturelles en un lieu de vie. À partir du sommet de la Gravina, appelée ensuite Civita, les habitations troglodytiques se diffusèrent de façon irrégulière et en petits groupes isolés, tout en suivant la configuration orographique des rochers calcaires faciles à creuser. La grotte était formée par une niche de dimensions variables, avec un plan rectangulaire et un plafond voûté. Au fil du temps, la vie dans les grottes devint une caractéristique de la ville de Matera, un bâtiment particulier, résistent, immuable et présentant une rare valeur culturelle et anthropologique. Ces habitations troglodytiques ont des dimensions et des caractéristiques complètement différentes, elles suivent les formes des Sassi et elles sont devenues les fondations des édifices situés au-dessus. Ainsi, il est possible d’admirer des constructions qui se développent aussi bien sous terre qu’en surface, des grottes qui soutiennent les nouvelles habitations, des bâtiments qui respectent la configuration orographique du territoire. Dans la ville de Matera, les produits de l’homme se fondent et se mélangent avec le paysage. De plus, l’intégration des maisons primitives avec l’environnement est axée sur l’homogénéité des matériaux. Les constructions – les ouvrages de maçonnerie, les toits, les pavages – ont été réalisés avec les mêmes pierres des grottes souterraines, afin d’assurer l’uniformité structurale et chromatique (gris et blanc).

    L’image de la ville

    La beauté de Matera est centrée sur l’antinomie entre le chaos et l’harmonie. L’archétype du labyrinthe se développe à travers un enchevêtrement de ruelles, d’arches, de terrasses typiques de la vieille ville où chaque élément se superpose aux autres de façon sinueuse et étrange. Jusqu’au début de l’Âge Moderne, le développement de la ville de Matera ne suivait pas un plan précis, un dessin rationnel. Les habitations des Sassi furent réalisées afin de satisfaire les besoins des familles et elles ne respectaient pas les techniques traditionnelles ni les principes ni les styles proposés par l’art. Toutefois, le résultat est extraordinairement harmonique et sublime. Les voyageurs du Moyen Âge qui visitaient la ville avaient l’habitude de la comparer à un ciel étoilé. Au cours de cette époque, l’image de la ville se développa et mûrit: elle était composée par la Civita, située sur un promontoire rocheux au cœur de la Gravina, la vieille ville, et par deux districts séparés, les Sasso Caveoso et le Sasso Barisano. Aujourd’hui, Il existe une zone tampon classée autour du bien du patrimoine mondial pour protéger les environs immédiats des Sassi vis-à-vis de la nouvelle ville moderne, caractérisée par le style architectonique du XIXe et du XXe siècle.

    Les églises rupestres

    Avec environ 150 églises rupestres décorées de fresques et de bas-reliefs, Matera accueille un exceptionnel patrimoine artistique et sacré qui témoigne des différentes époques historiques et culturelles du territoire. La vie quotidienne dans les grottes influença aussi les lieux de culte qui furent réalisés dans le même esprit de l’habitat troglodytique. En général, les églises sont formées par une seule salle, ou par deux ou trois nefs ; des fois, elles sont complètement souterraines ou bien elles peuvent avoir une façade maçonnée. De toute façon, l’élément constant est la présence capillaire des églises, dans le centre-ville mais aussi au sein des petits villages ruraux ou le long des liaisons entre les zones agricoles et la ville. Les églises, les monastères et les sanctuaires sont caractérisés par plusieurs styles différents du point de vue chronologique mais aussi géographique. Les premières églises rupestres remontent au VIIIe siècle, à la culture monastique du Moyen Âge. De plus, les cultures latines, grecques et orientales sont représentées à travers les témoignages des peuples qui vécurent à Matera – les Lombards, les Normands, les Byzantins, les Suèves, les Angevins – et qui influencèrent l’art et le culte. Pendant le Moyen Âge, et notamment au cours du VIIe-VIIIe siècle, quand Matera fut inclue dans le Duché de Bénévent, gouverné par les Lombards, des moines bénédictins s’installèrent sur le territoire et introduisirent l’iconographie latine du Christianisme. Encore pendant la période médiévale, la ville fut assaillie par des vagues religieuses d’origine byzantine (IXe-Xe siècle): des ermites et des anachorètes décidèrent de s’enfuir des régions orientales à cause des conflits et de se réfugier dans les hauts-plateaux de Matera, des lieux parfaits pour prier et vivre dans la solitude. Les moins réalisèrent des citernes et creusèrent des niches, des cellules et des églises plutôt simples mais qui furent décorées de fresques reproduisant la culture religieuse grecque et orientale. Le Parc naturel archéologique et historique des églises rupestres de Matera ou Parc de la Murgia Materana se développe au sein de la ville et du territoire de la Murgia et il sauvegarde un paysage exceptionnel caractérisé par les églises rupestres et les villages troglodytiques et préhistoriques, un paysage qui témoigne l’histoire rupestre du bassin de la Méditerranée. Parmi les églises le plus importantes de la ville, il faut citer Madonna dell’Idris, le Convincinio di Sant’Antonio, l’Église rupestre de Santa Lucia alle Malve (dans le Sasso Caveoso), l’Église de Sant’Agostino et l’Église de San Pietro Barisano (dans le Sasso Barisano). Au sein de la Civita, il y a la Cathédrale, l’Église rupestre de Madonna delle Virtù et l’Église rupestre de San Nicola dei Greci. En dehors de la ville, il est possible d’admirer la Crypte de San Falcione, l’Église de San Vito et les Églises de Madonna della Croce, Madonna dei Derelitti, Madonna delle Vergini, Madonna di Monte Verde.

    Per saperne di più
    Brève histoire de Matera: de ses origines jusqu’à l’époque contemporaine

    Pendant la préhistoire, la région était parsemée de petits villages notamment concentrés dans la zone de la Civita, parce qu’elle bénéficia d’une position dominante mais aussi parce qu’elle était plus facile à défendre et permettait un bon contrôle du territoire situé en-dessous. Malheureusement, on ne possède pas assez de documents concernant l’époque grecque et romaine qui témoignent la présence d’une véritable ville et donc il est probable que les villages avaient encore un aspect éparpillé même s’ils entretenaient des contacts avec les centres côtiers ou les centres près des axes de trafic routier vers les Pouilles. La chute de l’Empire Romain entraina une période d’appauvrissement et d’isolement et, pendant les invasions, les habitants de Matera se déplacèrent à nouveau au sein de la Civita pour pouvoir se défendre. Pendant le Moyen Âge (VIe-XIVe siècle), Matera développa sa typique structure urbaine. Au cours du VIIe siècle, la ville faisait partie du Duché de Bénévent qui était contrôlé par les Lombards. Au fil du IXe siècle, Matera fut impliquée dans les luttes entre les Lombards, les Byzantins et les Sarrasins pour le contrôle de l’Italie du Sud et, en même temps, la composante grecque de la population s’enracina. Pendant le XIe siècle, les Normands commencèrent l’occupation des territoires de l’Italie méridionale et la ville de Matera, elle aussi, fut inféodée. Ensuite, le monachisme se diffusa, les communautés religieuses se développèrent et la ville traversa une période de croissance, grâce aussi aux nouveaux monastères et aux nouvelles églises (XIe-XIIIe siècle). Pendant le XIIe siècle, la Civita fut entourée par une enceinte fortifiée au sein de laquelle il y avait le château des Normands qui, au cours du XVe siècle, fut démoli; d’autres monuments importants étaient le Monastère de Sant’Eustachio et la Cathédrale, réalisée au XIIIe siècle, quand Matera fut nommée siège de l’archevêque. Pendant le XIIIe siècle, la partie des Sassi développa des quartiers (pittagli) tout autour des lieux de culte; la Civita devint la zone sacrée et la plus importante de la ville. Les archives et les actes notariés témoignent la vente et la location de certains cryptes, puits et citernes de la partie du clergé. Entre le XIVe et le XVe siècle, Matera fut intégrée au Royaume de Naples et elle devint une ville domaniale, administrée directement par la Famille d’Aragon. À l’époque, Matera perdit plusieurs fois son titre et ses privilèges de ville domaniale et elle devint un comté. Matera fut obligée à racheter son autonomie, à payer des sommes d’argent considérables à la Famille royale. Pendant le XVe et le XVIe siècle, la communauté de Matera se renforça et une oligarchie composée par des familles locales s’affirma. L’expansion de l’artisanat s’accompagna à la valorisation des membres de la communauté locale dans l’administration de la ville. Du point de vue de l’aménagement urbain, cette évolution civique fut témoignée par la configuration de la Piazza Maggiore, ou Piazza del Sedile, qui devint le centre politique et administrative; au sein de la place, il y avait le Sedile, c’est-à-dire le Palais Municipal ou de l’Université, mais aussi le Palais du Gouverneur et le Tribunal. Pendant le XVIIe siècle, une phase de stagnation économique fut causée par la forte pression fiscale et par une régression de la vie politique, due aux luttes parmi les familles dominantes et à la forte présence de l’Église qui possédait plusieurs immeubles et terrains. Au cours du XVIIe siècle, un processus de développement urbain concerna les territoires au-delà des Sassi afin de rechercher des terrains plats. L’année 1663 marqua un tournant important car Matera devint le siège de l’Audience Royale de la Basilicate et, par conséquent, un centre administratif contrôlant le vaste territoire environnant. Cela déclencha la reprise économique de la ville, soutenue aussi par la nouvelle présence de la classe bourgeoise composée par les fonctionnaires et les militaires. La noblesse, qui avait toujours géré la vie politique, se renforça encore plus, tandis que le reste de la population s’occupait de l’agriculture et de l’élevage et les flux commerciaux perdirent leur élan. Pendant le XVIIIe siècle, à cause de l’expansion urbaine, la ville perdit son unité et dans la zone plate on réalisa les nouvelles résidences bourgeoises, tandis que les Sassi étaient peuplés par les indigents. Matera était donc caractérisée par une différenciation sociale entre les Sassi et le Piano qui, au fil du temps, continua à augmenter. Les nouveaux quartiers de la zone plate accueillaient les palais et les résidences monumentales du clergé et de la noblesse locale, tandis que les habitations troglodytiques des Sassi accueillaient les personnes les plus pauvres. Le système du latifundium et a richesse de l’Église obligèrent la population au travail, à la pauvreté et à vivre en marge de la société. Vers la fin du siècle, un sanglant soulèvement populaire (1799) éclata mais cela ne mena pas à des résultats politiques. Pendant le XIXe siècle, Matera connut une période de ralentissement économique et démographique à cause du changement du siège de l’Audience Royale de la Basilicate, qui se déplaça à Potenza (1806), et du Tribunal, qui ne rouvrit qu’en 1862. La ville perdit donc son rôle administratif et la classe formée par les fonctionnaires déménagea. Les promesses concernant le processus de redistribution des terres ne furent jamais tenues et seulement quelques familles obtinrent une partie des terres domaniales, mais sans avoir les capitaux nécessaires pour mettre sur pied une exploitation agricole. La noblesse, le clergé et les grands latifundistes s’opposèrent à la masse formée par les ouvriers agricoles et les bergers qui vivaient en location, avec leurs nombreuses familles, dans les grottes des Sassi. Cette tension entraîna des soulèvements populaires très violents. Pendant le XXe siècle, la ville dans la zone plate devint de plus en plus laïque car les résidences du clergé passèrent entre les mains de l’État et furent destinées aux fonctions sociales: par exemple, le Couvent des «Riformati» accueillit l’hôpital, le Séminaire devint un lycée et le Monastère de l’Annunziata se transforma en tribunal. La ville du Piano, occupée par la bourgeoisie, chercha à s’éloigner et à nier l’existence de la ville des Sassi. Les problèmes typiques des Sassi continuèrent aussi pendant ce siècle: l’encombrement, les mauvaises conditions d’hygiène, la pauvreté. Les Sassi devinrent une véritable «question nationale», un exemple des difficultés qui tenaillaient le Sud de l’Italie et ces problèmes représentèrent le cœur du débat parlementaire à l’époque de Alcide de Gasperi et de Palmiro Togliatti.

    Les années ’50 et ’60 du XXe siècle: les objectifs et les lois pour la réhabilitation des Sassi
    À partir des années ’50, Matera approuva une mesure législative capable de résoudre les problèmes de la ville et d’entamer la réhabilitation urbaine et la renaissance économique, sociale et culturelle. La loi n. 619 du 17 mai 1952 représenta un véritable tournant du point de vue institutionnel: des études, des débats et des programmes d’intervention furent formulés par plusieurs professionnels tels que des sociologues, des anthropologues, des urbanistes, des scientifiques environnementaux et des économistes. On réalisa des nouveaux quartiers et des nouveaux bourgs résidentiels périphériques afin de diminuer l’encombrement des Sassi, d’améliorer les infrastructures, d’entamer des actions de réhabilitation et de valorisation du patrimoine monumental. Toutefois, la loi ne mena pas à bien tous les objectifs et, au cours des années ’60, un bon nombre de familles vivaient encore dans des conditions précaires au sein des anciens bourgs, menacées par les écroulements dus à la négligence et à l’abandon des Sassi. On commença, donc, une nouvelle lutte institutionnelle pour la réhabilitation et la valorisation des Sassi, mais aussi pour fournir un meilleur logement aux familles locales. Matera a été inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondiale en 1993 et cela a marqué un tournant important de l’histoire de la ville et du processus de sauvegarde, de connaissance et de valorisation de l’environnement.
    La Crypte du Péché Originel dans la Gravina

    Dans le passé, cette grotte naturelle surplombant la Gravina était utilisée comme abri par les bergers et les troupeaux mais, aujourd’hui, elle a été complètement restaurée et elle peut être visitée. Elle a un plan rectangulaire très simple et, à gauche, il y a trois voûtes. La crypte accueille un cycle de fresques qui est un véritable chef-d’œuvre du Xe ou IXe siècle et qui montre des analogies avec la tradition picturale lombarde de Bénévent. De plus, elle est appelée la «Chapelle Sixtine» de la peinture rupestre.

    L’Église de San Falcione
    Cette église fut réalisée au IXe siècle et elle est parmi les églises les plus anciennes de Matera. Il s’agit d’une église rupestre qui montre une forte influence byzantine et qui est formée par une seule salle. Seulement quelques parties des fresques originelles peuvent être encore admirées ; elles représentaient le thème de la Présentation de Jésus au Temple, un évènement biblique associé à la Fête de la Chandeleur, c’est-à-dire la célébration de la lumière. Les grottes et les niches tout autour de l’église formaient une des pecchiare (rucher) diffusées dans la région de la Murgia et dans les Sassi jusqu’au XIXe siècle. Les niches devaient accueillir les ruches, afin de les réparer de la pluie, du vent et de la chaleur d’été. Cette activité permettait de produire le miel et la cire, utilisée dans la production des bougies.
    Le Village Néolithique de Murgia Timone

    Ce village néolithique fut découvert par l’archéologue Domenico Ridola et il s’agit d’un exemple typique de village préhistorique de la Murgia. Ce village est entouré par un fossé et il est composé par 20.000 mètres carrés de terrain. À l’intérieur, on a identifié les trous nécessaires aux pilots des cabanes et d’autres cavités pour la conservation de la nourriture; de plus, des fragments de céramique gravée ou peinte et des instruments en silex et obsidienne ont été retrouvés. Dès le Paléolithique, les grottes de Matera furent utilisées comme résidences ou comme sépultures et, au fil du temps, elles continuèrent à être exploitées par les bergers qui s’en servaient pour les troupeaux ou pour les matériaux. Parmi ces grottes, il faut citer la Grotta dei Pipistrelli (Grotte des Chauves-Souris). Elle se trouve au sud de Matera, à droite de la Gravina et elle est entourée par un véritable réseau de grottes et cavités; elle a été découverte par Domenico Ridola pendant les années ’70 du XIXe siècle. Les pièces retrouvées étaient abimées mais elles comptaient des pointes en pierre travaillées et des os animaux qui ont permis de brosser un tableau de la faune préhistorique, quand le climat était bien plus froid.

    Protagonisti
    Domenico Ridola
    Domenico Ridola (Ferrandina, 1841 – Matera, 1932)

    Il était médecin, sénateur et passionné d’archéologie. Il naquit dans une famille bourgeoise de Matera, il obtint son diplôme universitaire en Médecin et Chirurgie auprès de l’Université de Naples, il perfectionna sa technique à travers plusieurs recherches et études et il fréquenta les milieux scientifiques les plus stimulants de l’époque, tels que Turin et Vienne. Il retourna à Matera pour exercer la profession de médecin et il se dédia aussi à la recherche archéologique: il réalisa des importantes découvertes, telles que la Grotte des Chauves-Souris, la Grotte Funéraire (à quelques kilomètres de Matera) et la Nécropole de Timmari. En 1911, on a fondé le Musée Archéologique Nationale qui porte son nom et qui a accueilli sa propre collection archéologique. Domenico Ridola a mis au jour des témoignages importants de la vie préhistorique du Paléolithique et du Néolithique dans la région de la Murgia.

    Carlo Levi
    Carlo Levi

    (Turin 1902 – Rome 1975)

    Il était un artiste et un écrivain de renommée internationale. À cause de ses idées antifascistes, il fut assigné à résidence forcée en Basilicate, où il passa deux ans de sa vie et où il connut la culture agricole et les traditions locales. Sa célèbre œuvre littéraire «Le Christ s’est arrêté à Eboli» (1945), écrite pendant la résidence surveillée, aborde la complexité et les particularités de Matera, de sa population et de son territoire. Au cours de années ’60, il était intellectuellement engagé afin de promouvoir une action politique et législative capable de réhabiliter les Sassi et les anciens bourgs et de dénoncer l’abandon, la négligence et la misère de la population locale.

    Antonio di Macco
    Antonio di Macco (Livourne 1785 – 1854)

    Il fut nommé archevêque d’Acerenza et de Matera en 1835, par le Pape Grégoire XVI. Il est associé à l’histoire de Matera parce qu’il avait une attitude libérale et un esprit innovant qui permirent de réaliser plusieurs œuvres publiques. Il améliora les structures éducatives de la ville qui avaient toujours été sous l’égide de l’Église; il agrandit le séminaire; il restaura la Cathédrale; il chercha à améliorer les conditions de vie de la population des Sassi à travers le financement d’un aqueduc pour approvisionner en eau propre le Sasso Caveoso. Cette œuvre était composée par un réseau de canaux et des citerne souterraines communicantes qui transportaient l’eau de source et qui restèrent en fonction jusqu’à la moitié du XXe siècle.

    Testimonianze d’autore
    Testimonianze

    ►  “Le case trovansi l’una al di sopra dell’altra, di maniera che i tetti delle più basse formano la strada davanti alle più alte. I soli camini escon fuori e di dietro non c’è altro, fuorchè la roccia, non essendovi murato, se non porte, finestre e cose simili, ciò che produce un effetto veramente strano”.

    Philipe Gérard (XVI secolo)

    (crf.  Ricordi del soggiorno di Ph. Gérard di Vigneulles nel Regno di Napoli, al tempo di Ferrante I d’Aragona, in “Archivio Storico Italiano”, Appendice, IX, 1853, pp. 223-237)

     

    ►  “L’edificii dela Città sono al più palacci fabricati di petra bianca quadrata et grotti cavati di petra biancha atta a fabricare et cossì li borghi et tanto l’attitudine de la petra ove se cavani lle grutte che in una di quelle si vedeno cammere, cantine, stalle, cisterne, fosse da tenere grano et altre biade, in sino a luochi di tener galline./ Et perchè la Città et burghi non sono posti a terra piana et precise lli borghi se vedeno lle chiese ove sono sepelliti li morti stare di sopra lli grutti dove alcuni habitano et cossì se dice che in Matera li morti stanno sopra lli vivi”.

    Eustachio Verricelli, Cronica de la Città di Matera nel Regno di Napoli (1595-1598), a cura di M. Moliterni, C. Motta, M. Padula, BMG Matera

     

    ►  “La città è di aspetto curiosissimo, vien situata in tre valli profonde, nelle quali, con artificio, e sulla pietra nativa, ed asciutta, seggono le chiese sopra le case, e quelle pendono sotto a queste, condondendo i vivi e Morti la stanza. I lumi notturni la fan parere un cielo disteso, e stellato […]”.

    Giovan Battista Pacichelli, Del Regno di Napoli in prospettiva diviso in dodici provincie, Napoli, 1703, pp. 266-268

     

    ►  “Arrivai a Matera verso le undici del mattino. Avevo letto nella guida che è una città pittoresca, che merita di essere visitata, che c’è un museo di arte antica e delle curiose abitazioni trogloditi che. […] Allontanatami un poco dalla stazione, arrivai a una strada, che da un solo lato era fiancheggiata da vecchie case, e dall’altro costeggiava un precipizio. In quel precipizio è Matera. La forma di quel burrone era strana; come quella di due mezzi imbuti affiancati, separati da un piccolo sperone e riuniti in basso in un apice comune, dove si vedeva, di lassù, una chiesa bianca, Santa Maria de Idris, che pareva ficcata nella terra. Questi coni rovesciati, questi imbuti, si chiamano Sassi. Hanno la forma con cui, a scuola, immaginavamo l’inferno di Dante, in quello stretto spazio tra le facciate e il declivio passano le strade, e sono insieme pavimenti per chi esce dalle abitazioni di sopra e tetti per quelle di sotto. Alzando gli occhi vidi finalmente apparire, come un muro obliquo, tutta Matera. È davvero una città bellissima, pittoresca e impressionante”.

    Carlo Levi, Cristo si è fermato ad Eboli, Torino, Einaudi, 1945

     

    ►  “Matera: una città straordinaria. Sembra che ci si affacci a un sottosuolo scoperchiato e abitato, che

    nell’insieme forma una città maggiore. Una tale adunanza di semicarvenicoli, in cui si prolunga senza soluzione di continuità l’esistenza dalla preistoria, non ha paragoni in Europa, ed è tra i paesaggi italiani che generano più stupore.”

    Guido Piovene, Viaggio in Italia, 1957

     

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Matera et… Les Lombards”]

    La domination des Lombards favorisa la diffusion et la croissance des communautés monastiques bénédictines dans toute la péninsule et cela concerna aussi la ville de Matera, après son annexion au Duché de Bénévent. Les fresques de la Crypte du Péché Originel témoignent l’influence de la tradition bénédictine dans cette zone. Certaines sources affirment qu’en 774, l’Église de Sainte-Sophie de Bénévent (Site inscrit sur la Liste UNESCO, Les Lombards en Italie. Les lieux du pouvoir) possédait aussi l’Église de Santa Maria e San Michele de Matera. Dans la zone du Sasso Barisano, la toponymie confirme la présence des Lombards: cela est témoigné par les noms de certaines églises, telles que San Vito, San Martino, San Lorenzo dei Lombardi.[/expand] [learn_more caption=”Matera et… Les autres sites préhistoriques: les palafittes de la région Alpine et les nécropoles rupestres de Pantalica“]

    Grâce aux découvertes préhistoriques, le Site de Matera peut former un lien avec d’autres Sites italiens inscrits au Patrimoine Mondiale: les Palafittes de la Région Alpine et les Nécropoles rupestres de Pantalica. Le territoire de Matera présente plusieurs vestiges des civilisations préhistoriques, comme par exemple des villages néolithiques où les petites communautés pratiquaient l’élevage et l’agriculture et vivaient dans des cabanes entourées par un fossé ou par une tranchée, creusés dans la roche, et par une enceinte fortifiée en maçonnerie. Pendant l’Âge du Bronze, le village néolithique de Murgia Timone fut utilisé comme zone de sépulture où on construisit des tombeaux en petite grotte, similaires à ceux de Pantalica. [/expand]

    Note bibliografiche
    Bibliografia

    R. Cavalluzzo, G. Latronico, Guida artistica dei sassi di Matera, Edizioni Giannatelli, 2014

    R. Demetrio, Matera. Forma et imago urbis, Giuseppe Barile, 2014

    C.D. Fonseca, R. Demetrio, G. Guadagno, Matera, Laterza, Bari, 1998

    C.D. Fonseca, Civiltà delle grotte. Mezzogiorno rupestre, Napoli,  1988

    P. Laureano, Giardini di pietra. I Sassi di Matera e la civiltà mediterranea, Bollati Boringhieri, 2012

    L. Rota, Matera storia di una città, Edizioni Giannatelli, 2011

    M. Tommaselli, Il parco della Murgia materana. Guida all’escursionismo, Edizioni Giannatelli, 2002

  • Valore UNESCO

    Matera est une ville millénaire creusée et construite dans la roche ductile de la Murgia. Elle fut réalisée il y a 100.000 ans et elle fait partie des villes les plus anciennes du monde. Matera, la ville des Sassi (pierres), fut occupée à partir de la Préhistoire, quand elle était un village rupestre, et les gens vivaient dans des grottes: un nouveau modèle de bâtiment qui fut utilisé pendant des siècles et qui fut caractérisé par une harmonieuse compénétration entre l’intervention humaine et l’écosystème existant. La partie la plus ancienne de la ville est appelée Civita et, avec la zone de Sasso Barisano et celle de Sasso Caveoso, ils forment la ville historique. Pendant le Moyen Âge, Matera développa son aspect typique et on y réalisa des églises rupestres, des monastères et des sanctuaires qui accueillent des témoignages de l’art sacré byzantine et du monachisme médiéval. Les Sassi de Matera ont été inscrits sur la Liste du Patrimoine Mondiale grâce à leur valeur historique, archéologique, artistique et ethnographique.

    L’homme et l’environnement: la tradition millénaire de la vie dans les grottes
    Rochers, cryptes, carrières et grottes: voilà les mots clés de l’extraordinaire dédale formé par les Sassi de Matera. Au sein d’un environnement naturel où les cours d’eau et les agents atmosphériques modelèrent des ravins, des failles profondes et des gorges dans les rochers friables de la Murgia, l’homme choisit de vivre dans des grottes afin de satisfaire la nécessité d’un abri et d’une maison, afin de se défendre des ennemis et des pilleurs. Il s’agit du témoignage de la parfaite compénétration entre l’activité humaine et l’environnement. La présence de l’homme se mélangea de façon harmonieuse avec l’environnement sauvage et il sut transformer les grottes naturelles en un lieu de vie. À partir du sommet de la Gravina, appelée ensuite «Civita», les habitations troglodytiques se diffusèrent de façon irrégulière et en petits groupes isolés, tout en suivant la configuration orographique des rochers calcaires faciles à creuser. La grotte était formée par une niche de dimensions variables, avec un plan rectangulaire et un plafond voûté. Au fil du temps, la vie dans les grottes devint une caractéristique de la ville de Matera, un bâtiment particulier, résistent, immuable et présentant une rare valeur culturelle et anthropologique. Ces habitations troglodytiques ont des dimensions et des caractéristiques complètement différentes, elles suivent les formes des Sassi et elles sont devenues les fondations des édifices situés au-dessus. Ainsi, il est possible d’admirer des constructions qui se développent aussi bien sous terre qu’en surface, des grottes qui soutiennent les nouvelles habitations, des bâtiments qui respectent la configuration orographique du territoire. Dans la ville de Matera, les produits de l’homme se fondent et se mélangent avec le paysage. De plus, l’intégration des maisons primitives avec l’environnement est axée sur l’homogénéité des matériaux. Les constructions – les ouvrages de maçonnerie, les toits, les pavages – ont été réalisés avec les mêmes pierres des grottes souterraines, afin d’assurer l’uniformité structurale et chromatique (gris et blanc).
    L’image de la ville
    La beauté de Matera est centrée sur l’antinomie entre le chaos et l’harmonie. L’archétype du labyrinthe se développe à travers un enchevêtrement de ruelles, d’arches, de terrasses typiques de la vieille ville où chaque élément se superpose aux autres de façon sinueuse et étrange. Jusqu’au début de l’Âge Moderne, le développement de la ville de Matera ne suivait pas un plan précis, un dessin rationnel. Les habitations des Sassi furent réalisées afin de satisfaire les besoins des familles et elles ne respectaient pas les techniques traditionnelles ni les principes ni les styles proposés par l’art. Toutefois, le résultat est extraordinairement harmonique et sublime. Les voyageurs du Moyen Âge qui visitaient la ville avaient l’habitude de la comparer à un ciel étoilé: à l’époque, Matera était composée par la Civita, située sur un promontoire rocheux au cœur de la Gravina, et par deux districts séparés, les Sasso Caveoso et le Sasso Barisano.
    Les églises rupestres

    Avec environ 150 églises rupestres décorées de fresques et de bas-reliefs, Matera accueille un exceptionnel patrimoine artistique et sacré qui témoigne des différentes époques historiques et culturelles du territoire. La vie quotidienne dans les grottes influença aussi les lieux de culte qui furent réalisés dans le même esprit de l’habitat troglodytique. En général, les églises sont formées par une seule salle, ou par deux ou trois nefs ; des fois, elles sont complètement souterraines ou bien elles peuvent avoir une façade maçonnée. De toute façon, l’élément constant est la présence capillaire des églises, dans le centre-ville mais aussi au sein des petits villages ruraux ou le long des liaisons entre les zones agricoles et la ville. Les églises, les monastères et les sanctuaires sont caractérisés par plusieurs styles différents du point de vue chronologique mais aussi géographique. Les premières églises rupestres remontent au VIIIe siècle, à la culture monastique du Moyen Âge. De plus, les cultures latines, grecques et orientales sont représentées à travers les témoignages des peuples qui vécurent à Matera – les Lombards, les Normands, les Byzantins, les Suèves, les Angevins – et qui influencèrent l’art et le culte. Pendant le Haut Moyen Âge, et notamment au cours du VIIe-VIIIe siècle, quand Matera fut inclue dans le Duché de Bénévent, gouverné par les Lombards, des moines bénédictins s’installèrent sur le territoire et introduisirent l’iconographie latine du Christianisme. Encore pendant la période médiévale, la ville fut assaillie par des vagues religieuses d’origine byzantine (IXe-Xe siècle): des ermites et des anachorètes décidèrent de s’enfuir des régions orientales à cause des conflits et de se réfugier dans les hauts-plateaux de Matera, des lieux parfaits pour prier et vivre dans la solitude. Les moins réalisèrent des citernes et creusèrent des niches, des cellules et des églises plutôt simples mais qui furent décorées de fresques reproduisant la culture religieuse grecque et orientale. Le Parc naturel archéologique et historique des églises rupestres de Matera ou Parc de la Murgia Materana se développe au sein de la ville et du territoire de la Murgia et il sauvegarde un paysage exceptionnel caractérisé par les églises rupestres et les villages troglodytiques et préhistoriques, un paysage qui témoigne l’histoire rupestre du bassin de la Méditerranée.

    Per saperne di più
    Brève histoire de Matera

    Pendant la préhistoire, la région était parsemée de petits villages notamment concentrés dans la zone de la Civita, parce qu’elle bénéficia d’une position dominante mais aussi parce qu’elle était plus facile à défendre et permettait un bon contrôle du territoire situé en-dessous. Malheureusement, on ne possède pas assez de documents concernant l’époque grecque et romaine qui témoignent la présence d’une véritable ville et donc il est probable que les villages avaient encore un aspect éparpillé même s’ils entretenaient des contacts avec les centres côtiers ou les centres près des axes de trafic routier vers les Pouilles. La chute de l’Empire Romain entraina une période d’appauvrissement et d’isolement et, pendant les invasions, les habitants de Matera se déplacèrent à nouveau au sein de la Civita pour pouvoir se défendre. Pendant le Moyen Âge (VIe-XIVe siècle), Matera développa sa typique structure urbaine. Au cours du VIIe siècle, la ville faisait partie du Duché de Bénévent qui était contrôlé par les Lombards. Au fil du IXe siècle, Matera fut impliquée dans les luttes entre les Lombards, les Byzantins et les Sarrasins pour le contrôle de l’Italie du Sud et, en même temps, la composante grecque de la population s’enracina. Pendant le XIe siècle, les Normands commencèrent l’occupation des territoires de l’Italie méridionale et la ville de Matera, elle aussi, fut inféodée. Ensuite, le monachisme se diffusa, les communautés religieuses se développèrent et la ville traversa une période de croissance, grâce aussi aux nouveaux monastères et aux nouvelles églises (XIe-XIIIe siècle). Pendant le XIIe siècle, la Civita fut entourée par une enceinte fortifiée au sein de laquelle il y avait le château des Normands qui, au cours du XVe siècle, fut démoli ; d’autres monuments importants étaient le Monastère de Sant’Eustachio et la Cathédrale, réalisée au XIIIe siècle, quand Matera fut nommée siège de l’archevêque. Pendant le XIIIe siècle, la partie des Sassi développa des quartiers (pittagli) tout autour des lieux de culte; la Civita devint la zone sacrée et la plus importante de la ville. Entre le XIVe et le XVe siècle, Matera fut intégrée au Royaume de Naples et elle devint une ville domaniale, administrée directement par la Famille d’Aragon, même si elle perdit plusieurs fois son titre et ses privilèges. Pendant le XVe et le XVIe siècle, la communauté de Matera se renforça et une oligarchie composée par des familles locales s’affirma. L’expansion de l’artisanat s’accompagna à la valorisation des membres de la communauté locale dans l’administration de la ville. Pendant le XVIIe siècle, une phase de stagnation économique fut causée par la forte pression fiscale et par une régression de la vie politique, due aux luttes parmi les familles dominantes et à la forte présence de l’Église qui possédait plusieurs immeubles et terrains. Au cours du XVIIe siècle, un processus de développement urbain concerna les territoires au-delà des Sassi afin de rechercher des terrains plats. L’année 1663 marqua un tournant important car Matera devint le siège de l’Audience Royale de la Basilicate et, par conséquent, un centre administratif contrôlant le vaste territoire environnant. Pendant le XVIIIe siècle, à cause de l’expansion urbaine, la ville perdit son unité et dans la zone plate on réalisa les nouvelles résidences bourgeoises, tandis que les Sassi étaient peuplés par les indigents. Matera était donc caractérisée par une différenciation sociale entre les Sassi et le Piano qui, au fil du temps, continua à augmenter. Pendant le XIXe siècle, Matera connut une période de ralentissement économique et démographique. Pendant le XXe siècle, la ville dans la zone plate chercha à s’éloigner et à nier l’existence de la ville des Sassi. Les problèmes typiques des Sassi – l’encombrement, les mauvaises conditions d’hygiène, la pauvreté – devinrent une véritable «question nationale», un exemple des difficultés qui tenaillaient le Sud de l’Italie et ces problèmes représentèrent le cœur du débat parlementaire à l’époque de Alcide de Gasperi et de Palmiro Togliatti.

    Les objectifs et les lois pour la réhabilitation des Sassi
    À partir des années ’50, Matera approuva une mesure législative capable de résoudre les problèmes de la ville et d’entamer la réhabilitation urbaine et la renaissance économique, sociale et culturelle. La loi n. 619 du 17 mai 1952 représenta un véritable tournant du point de vue institutionnel: des études, des débats et des programmes d’intervention furent formulés par plusieurs professionnels tels que des sociologues, des anthropologues, des urbanistes, des scientifiques environnementaux et des économistes. On réalisa des nouveaux quartiers et des nouveaux bourgs résidentiels périphériques afin de diminuer l’encombrement des Sassi, d’améliorer les infrastructures, d’entamer des actions de réhabilitation et de valorisation du patrimoine monumental. Toutefois, la loi ne mena pas à bien tous les objectifs et, au cours des années ’60, un bon nombre de familles vivaient encore dans des conditions précaires au sein des anciens bourgs. On commença, donc, une nouvelle lutte institutionnelle pour la réhabilitation et la valorisation des Sassi, mais aussi pour fournir un meilleur logement aux familles locales. Matera a été inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondiale en 1993 et cela a marqué un tournant important de l’histoire de la ville et du processus de sauvegarde, de connaissance et de valorisation de l’environnement de la Ville des Sassi.
    La Crypte du Péché Originel dans la Gravina
    Dans le passé, cette grotte naturelle surplombant la Gravina de Piacciano était utilisée comme abri par les bergers et les troupeaux mais, aujourd’hui, elle a été complètement restaurée et elle peut être visitée. Elle a un plan rectangulaire très simple et, à gauche, il y a trois voûtes. La crypte accueille un cycle de fresques qui est un véritable chef-d’œuvre du Xe ou IXe siècle et qui montre des analogies avec la tradition picturale lombarde de Bénévent. De plus, elle est appelée la «Chapelle Sixtine» de la peinture rupestre.
    L’Église de San Falcione

    Cette église fut réalisée au IXe siècle et elle est parmi les églises les plus anciennes de Matera. Il s’agit d’une église rupestre qui montre une forte influence byzantine et qui est formée par une seule salle. Seulement quelques parties des fresques originelles peuvent être encore admirées; elles représentaient le thème de la Présentation de Jésus au Temple, un évènement biblique associé à la Fête de la Chandeleur, c’est-à-dire la célébration de la lumière. Les grottes et les niches tout autour de l’église formaient une des pecchiare (rucher) diffusées dans la région de la Murgia et dans les Sassi jusqu’au XIXe siècle. Les niches devaient accueillir les ruches, afin de les réparer de la pluie, du vent et de la chaleur d’été. Cette activité permettait de produire le miel et la cire, utilisée dans la production des bougies.

    Le Village Néolithique de Murgia Timone

    Ce village néolithique fut découvert par l’archéologue Domenico Ridola et il s’agit d’un exemple typique de village préhistorique de la Murgia. Ce village fortifié est entouré par un fossé et il est composé par 20.000 mètres carrés de terrain. À l’intérieur, on a identifié les trous nécessaires aux pilots des cabanes et d’autres cavités pour la conservation de la nourriture; de plus, des fragments de céramique gravée ou peinte et des instruments en silex et obsidienne ont été retrouvés. Dès le Paléolithique, les grottes de Matera furent utilisées comme résidences ou comme sépultures et, au fil du temps, elles continuèrent à être exploitées par les bergers qui s’en servaient pour les troupeaux ou pour les matériaux. Parmi ces grottes, il faut citer la Grotta dei Pipistrelli (Grotte des Chauves-Souris). Elle se trouve au sud de Matera, à droite de la Gravina et elle est entourée par un véritable réseau de grottes et cavités; elle a été découverte par Domenico Ridola pendant le XIXe siècle. Les pièces retrouvées étaient abimées mais elles comptaient des pointes en pierre travaillées et des os animaux qui ont permis de brosser un tableau de la faune préhistorique, quand le climat était bien plus froid.

    Protagonisti
    Domenico Ridola
    Domenico Ridola (Ferrandina, 1841 – Matera, 1932)

    Il était médecin, sénateur et passionné d’archéologie. Il naquit dans une famille bourgeoise de Matera, il obtint son diplôme universitaire en Médecin et Chirurgie auprès de l’Université de Naples, il perfectionna sa technique à travers plusieurs recherches et études et il fréquenta les milieux scientifiques les plus stimulants de l’époque, tels que Turin et Vienne. Il retourna à Matera pour exercer la profession de médecin et il se dédia aussi à la recherche archéologique: il réalisa des importantes découvertes, telles que la Grotte des Chauves-Souris, la Grotte Funéraire (à quelques kilomètres de Matera) et la Nécropole de Timmari. En 1911, on a fondé le Musée Archéologique Nationale qui porte son nom et qui a accueilli sa propre collection archéologique.

    Carlo Levi
    Carlo Levi (Turin 1902 – Rome 1975)

    Il était un artiste et un écrivain de renommée internationale. À cause de ses idées antifascistes, il fut assigné à résidence forcée en Basilicate, où il passa deux ans de sa vie et où il connut la culture agricole et les traditions locales. Sa célèbre œuvre littéraire «Le Christ s’est arrêté à Eboli» (1945), écrite pendant la résidence surveillée, aborde la complexité et les particularités de Matera, de sa population et de son territoire. Au cours de années ’60, il était intellectuellement engagé afin de promouvoir une action politique et législative capable de réhabiliter les Sassi et les anciens bourgs et de dénoncer l’abandon, la négligence et la misère de la population locale.

    Antonio di Macco
    Antonio di Macco

    (Livourne 1785 – 1854)

    Il fut nommé archevêque d’Acerenza et de Matera en 1835, par le Pape Grégoire XVI. Il est associé à l’histoire de Matera parce qu’il avait une attitude libérale et un esprit innovant qui permirent de réaliser plusieurs œuvres publiques. Il améliora les structures éducatives de la ville qui avaient toujours été sous l’égide de l’Église; il agrandit le séminaire; il restaura la Cathédrale; il chercha à améliorer les conditions de vie de la population des Sassi à travers le financement d’un aqueduc pour approvisionner en eau propre le Sasso Caveoso. Cette œuvre était composée par un réseau de canaux et des citerne souterraines communicantes qui transportaient l’eau de source et qui restèrent en fonction jusqu’à la moitié du XXe siècle.

    Legami tra i siti Unesco italiani
    [learn_more caption=”Matera et… Les Lombards”]

    La domination des Lombards favorisa la diffusion et la croissance des communautés monastiques bénédictines dans toute la péninsule et cela concerna aussi la ville de Matera, après son annexion au Duché de Bénévent. Les fresques de la Crypte du Péché Originel témoignent l’influence de la tradition bénédictine dans cette zone. Certaines sources affirment qu’en 774, l’Église de Sainte-Sophie de Bénévent (Site inscrit sur la Liste UNESCO, Les Lombards en Italie. Les lieux du pouvoir) possédait aussi l’Église de Santa Maria e San Michele de Matera. Dans la zone du Sasso Barisano, la toponymie confirme la présence des Lombards: cela est témoigné par les noms de certaines églises, telles que San Vito, San Martino, San Lorenzo dei Lombardi.[/expand] [learn_more caption=”Matera et… Les autres sites préhistoriques: les palafittes de la région Alpine et les nécropoles rupestres de Pantalica“]

    Grâce aux découvertes préhistoriques, le Site de Matera peut former un lien avec d’autres Sites italiens inscrits au Patrimoine Mondiale: les Palafittes de la Région Alpine et les Nécropoles rupestres de Pantalica. Le territoire de Matera présente plusieurs vestiges des civilisations préhistoriques, comme par exemple des villages néolithiques où les petites communautés pratiquaient l’élevage et l’agriculture et vivaient dans des cabanes entourées par un fossé ou par une tranchée, creusés dans la roche, et par une enceinte fortifiée en maçonnerie. Pendant l’Âge du Bronze, le village néolithique de Murgia Timone fut utilisé comme zone de sépulture où on construisit des tombeaux en petite grotte, similaires à ceux de Pantalica. [/expand]

    Glossario
    Glossario

    Ductile, adj., qui peut être tiré, étiré, étendu sans se rompre. En général, cet adjectif est employé pour la description des métaux.

    Dédale, n.m., lieu où l’on peut s’égarer ; labyrinthe. Le mot dérive du nom de l’architecte et sculpteur grec Dédale, l’auteur du labyrinthe de Crète où se trouvait le Minotaure.

    Ravin, n.m., dépression allongée et profonde creusée par un torrent. En général, les parois du ravin sont verticales ou en forte pente et elles présentent aussi des sillons dus à l’érosion et à la violence de l’eau.

    Troglodytique, adj., relatif aux personnes qui habitent une grotte ou aux demeures creusées dans la roche.

    Orographique, adj., relatif à l’orographie, la description du relief terrestre.

    Iconographie, n.f., étude descriptive des différentes représentations figurées d’un même sujet; ensemble classé des images correspondantes. Étude de la représentation figurée dans une œuvre particulière.

    Anachorète, n.m., moine se retirant de la société des hommes pour vivre en ermite, par opposition au cénobite, qui vit en communauté.

    Eau de source, Une eau de source est une eau d’origine souterraine, protégée de la pollution, et n’ayant subi ni traitement chimique, ni aucune adjonction d’ingrédients quelconques. Elle est naturellement conforme et doit être potable.

    Ruche, n.f., habitation d’une colonie d’abeilles.

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Iscrizione UNESCO

1993,Carthagène, Colombie, 17e session du Comité

Site culturel

Préhistoire, Antiquité, Moyen âge

Italie du Sud, région du Basilicate, Province de Matera

Criteri di Iscrizione

Critère (iii): Les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera représentent un exemple remarquable d’établissement troglodyte, parfaitement adapté à sa situation géomorphologique et à son écosystème, qui manifeste une continuité de plus de deux millénaires.

Critère (iv): La ville et le parc constituent un exemple remarquable d’ensemble architectural et de paysage qui illustrent un certain nombre d’étapes importantes de l’histoire de l’humanité.

Critère (v): La ville et le parc constituent un exemple remarquable d’établissement traditionnel et d’occupation des sols qui montrent l’évolution d’une culture qui est restée, au fil des temps, en étroite relation harmonieuse avec son cadre naturel.

[learn_more caption=”Intégrité”]

Le bien du patrimoine mondial est formé par les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera, qui comprennent ensemble les éléments, sites et monuments culturels caractéristiques sous-tendant la valeur universelle exceptionnelle de ce bien. Cela inclut l’ancien centre urbain et le haut plateau sur le versant opposé du ravin, qui apportent un témoignage d’établissement humain sur plus de 2.000 ans. Il existe une zone tampon classée autour du bien du patrimoine mondial pour protéger les environs immédiats des Sassi vis-à-vis d’un développement inconsidéré.[/expand] [learn_more caption=”Authenticité”]

Les Sassi et le parc des églises rupestres de Matera ont une authenticité d’un degré élevé. L’établissement taillé dans les rochers présente des traces d’occupation continue depuis les temps préhistoriques jusqu’au milieu du vingtième siècle. Cette occupation fut un peu interrompue lorsque la totalité de la population fut déplacée dans les années 1950. L’évacuation avait été entreprise afin d’améliorer le système d’assainissement et de rénover les anciens districts. Alors que l’abandon de la zone avait entraîné quelques dégradations, le retour de la population à partir des années 1980 a rétabli l’utilisation et la fonction traditionnelles du bien et rajeuni l’esprit du lieu et la sensation qu’il dégage.[/expand] Estensione del bene

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